Cette fois-ci est-ce reparti ?

15 04 2016

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– J’adore ton cynisme, me dit-elle, tu devrais tenir un blog, tu me tues de rire !

– Un blog ?! Tu veux dire pour y raconter ce que je te raconte ? Répondis-je amusée

– Ben oui, un blog, un truc anonyme, où tu balancerai tout ça, je suis sûre que ça plairait ! 

– Tu sais que j’en ai déjà eu un ?

– Oui, tu m’as dit, le blog avec tes copines c’est ça ? Tu devrais me montrer un jour et y réécrire.

 

Oui mais un blog c’est un engagement. Même lorsqu’il n’y a qu’un seul lecteur par jour arrivé là par accident au gré d’une recherche de resto à Casa. C’est une responsabilité d’écrire et je ne pense pas être en mesure de recommencer. J’ai les doigts rouillés, quelques tonnes d’insouciance en moins et un crédit sur 20 ans en plus… Pire encore ! Je pense avoir perdu mon humour parce que mon cynisme est naturel !

P*t*in c’était quoi le mot de passe déjà ?

Mot de passe oublié – réinitialiser le mot de passe – Changement de mot passe (les filles si vous passez par là, j’ai changé le mot de passe, appelez moi si l’envie vous prend de poster quelque chose sur le blog, toutefois il est exclus d’y parler de Maria Montessori ou de l’efficacité des colliers d’ambre sur les poussées dentaires).

Le blog croule sous des dizaines de commentaires laissés ces dernières années sans qu’on ne les lise, mais une fois supprimés ceux des bots et autres spam, il en reste bien quelques uns nostalgiques de l’époque. Emue de lire ces quelques témoignages  d’anciens lecteurs qui réclament un come back.

Je me sens comme un girls band qui tente de se reformer pour la tournée spéciale « We are the 90’s » sauf que de la bande il ne doit rester plus que moi qui ai encore – parfois – envie d’écrire.

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Silence, On tourne!

15 06 2008

La mode est un éternel recommencement dit-on, et comme pour l’illustrer, chaque année à la même période je sacrifie mes week-ends d’été à festoyer mes copains, copines, qui convolent en juste noces, tandis que je leur consacre mes soirées d’hiver à panser leurs plaies, les âmes brisées, leurs désillusions, et à gérer les bris de divorces et autres séparations douloureuses…

Il y a quelques jours, je l’ai fêté Elle, jeune et jolie, drôle, attachante, dévouée et serviable, et Lui, son inconnu, qu’elle a rencontré quelques semaines auparavant, mignon, sombre, perdu et quelque peu désemparé.

Durant toute leur soirée de mariage, j’attendais qu’un réalisateur hurle « Coupez!! On la refait » tellement j’ai eu le sentiment de me retrouver dans une parodie de série B, avec deux protagonistes pas conscients de leur grossière erreur.

Nous étions tous stupéfaits, ils ne se connaissaient pas du tout, et n’étaient ensemble que depuis peu, ils ne savent pratiquement rien l’un de l’autre, et cerise sur le gâteau; ils n’avaient même pas l’air heureux à leur propre mariage. Les parents de chacun, apeurés, distribuaient des sourires jaunes tandis que les familles se toisaient du regard. Quant à nous, nous observions notre amie, qui bien que nous ayant habituée à son grain de folie, ses histoires d’amour fluviales aux confluents marécageux, elle n’aurait jamais été capable d’accepter une demande en mariage par téléphone, mais elle la fait.

Que s’est-il passé pour que tout ceci s’organise en si peu de temps, elle qui il y a encore quelques semaines était depuis quelques mois avec un autre. D’ailleurs lorsqu’elle me l’a annoncé, j’étais sure que c’était une mauvaise blague, une occasion de plus de faire la fête mais en riant du sort, avec un thème à la fois aussi sérieux et léger que le mariage.

Comme dans la plupart des mariages marocains, célébration teintée d’hypocrisie, le bar est situé assez loin du centre des festivités. Il faut relever son caftan avec élégance, le nouer entre trois doigts au niveau des genoux, laisser apparaitre des jambes nus et graciles sous des kilos de tissus, et avancer droit avec aisance et dignité. Une fois là-bas, j’y croise le jeune homme dont les copains gavent d’alcool à l’entonnoir, il n’a pas l’air heureux et n’a pas souri une seule fois depuis le début de la cérémonie, alors son ami me confie qu’il faut lui donner un air jovial donc ils l’ont forcé à devenir ami avec J. Daniels.

Mais comment peut-on prendre la décision de se marier par téléphone avec une fille que l’on a vu qu’une seule fois? Pourtant les jeunes mariés sont loin de subir une pression quelconque, et la mariée a toujours joué les « runaway bride » dès lors qu’un petit ami lui proposait le mariage.

Ce mariage, une photographie fidèle du malaise vécu aujourd’hui par nombre d’entre nous, sonnait faux, et nous mettait mal à l’aise, peut-être face à la désastreuse capacité de nos pairs de prendre ce genre de décisions à la légère, ou face à l’indécision d’autres qui repoussent sine die ce jour fatidique.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à moi, à ma situation de jeune femme à 50 % single, qui a développé une peur panique de toute forme d’engagement et qui fuit les responsabilités de couple comme d’autres ralentissent à la vue des radars. Comment en suis-je arrivée là? Moi qui il y a encore quelque temps rêvait de prince charmant, de couple charmant, de caftan charmant, et de tout le toutim? Je suis aujourd’hui désabusée, blasée, et demeure convaincue qu’il va me falloir pas moins de deux mariages pour trouver enfin l’équilibre. Le mariage « social », comme je me plais à dire, celui que l’on fait aux alentours de trente ans, pour faire plaisir à tout le monde, et flatter son égo, et le mariage de la « maturité » qui viendra certainement quelques années après. Mon raisonnement est pitoyable, et lorsque j’y pense je m’en excuserait presque auprès de la jeune ado que j’ai été.

Je ne supporte pas l’échec lorsque j’ai eu de belles et nobles aspirations, j’ai horreur du doute lorsque j’ai été déjà sure de mes choix, et je préfère ne pas me marier plutôt que de me décevoir.

Qui est donc dans le vrai? Celui qui se marie comme lorsque l’on coche une case d’un document administratif ou celui qui ne se marie pas parce qu’il attend d’effleurer des certitudes?

Elle fit son apparition dans une très belle robe blanche de fin de cérémonie, lui cintrant la taille et s’élargissant en cerceaux au niveau des jambes, elle tenait un petit bouquet de fleurs blanches garni avec gout et s’apprêtait à couper son gâteau avec ce nouveau mari dont elle ne connaissait presque rien. Quelqu’un dans l’assemblée a crié « un bisou », et le mari s’est renfrogné « non, non j’aime pas ça! ». Comment aurai-je réagi en pareil circonstance ? Je crois que je l’aurai entarté dans la pièce montée…

Ce mariage ne durera pas. Je le lis dans le regard de ce couple qui s’est emballé comme un brasier quelques semaines auparavant, et qui est tombé dans le piège du coup de foudre fulgurant.

Comme un lendemain d’ecsta.

Lorsque la descente est dure à digérer. Une descente à quelques centaines de milliers de dirhams, une descente sur un air de Pinhas, chanteur sur le retour des années 90.

Le marié ne sourit pas, la mariée fait semblant, mais on peut lire la peur dans leurs yeux. La même expression de visage que celle d’un enfant qui vient de faire éclater un pétard et qui s’est fait prendre.

Comme un lendemain de mariage à Vegas pour amateurs de roulette russe.

Mon arme est chargée à blanc, et je crois que je vais continuer à tirer dans le vide…






L’amour au temps de Abbas El Fassi

9 05 2008

Dans notre « plus beau pays du monde », comme dirait l’autre, nous avons aussi notre lot de contradictions, pays de la schizophrénie déclarée et assumée, haut lieu de l’hypocrisie sociale auto-proclamée et antre des paradoxes des plus flagrants, la presse nous a récemment annoncé l’arrivée de « La pilule du lendemain ».

Quelle avancée majeure pour la femme marocaine moderne, qui après s’être fait avortée illégalement dans des conditions les plus ignobles, peut désormais compter sur la pilule magique presque tout droit sortie d’Harry Potter.

Si l’on doit se référer à nos lois, nous sommes sensées être « vierges » jusqu’au mariage, puisque les relations sexuelles hors mariage sont prohibées, mais des vierges, à Casallywood, nous n’en connaissons pas. Par contre, ce que nous savons avec certitude, c’est que les avortements pour grossesse hors mariage sont légions.

Bien que formellement interdits aussi par la Loi, l’avortement se pratique en toute illégalité, et ce souvent, dans des conditions abominables et la plupart du temps dans des lieux qui relèveraient parfois plus d’un garage de voitures à une clinique, il est vrai néanmoins que cela se pratique aussi dans des cliniques privées dernier cri.

Dans ce même élan hypocrite et pour justifier la mise sur le marché d’un produit pareil, le laboratoire justifie ce médicament comme étant une solution aux grossesses non désirées et en particulier aux viols!

Alors, cette pilule du lendemain est-elle un ultime pied-de-nez à la morale et à la loi? Ou un outil de plus pour la femme mariée lui permettant de planifier ses grossesses et ce, avec la pléthore de préservatifs goût framboise ou vanille, nervurées ou ultra-fins qui se vendent en pharmacie, avec en prime, le super lubrifiant goût chewing-gum?

Toujours est-il que ce n’est pas demain la veille, que la femme célibataire sera libre d’avorter quand bon lui semblera, et qu’entre-temps nous sommes contentes de compter sur un « parachute » de plus (sans mauvais jeu de mot) qui pourrait nous éviter bien des frayeurs.





Life goes on… Par Splendindira

26 02 2008
L’histoire se termine à grand fracas, aussi passionnément qu’elle n’avait commencé. Dans un assourdissant roulis d’écume de vagues exacerbées par un mauvais temps qui menaçait depuis quelques semaines déjà.
Bien que je voulais y croire en me forçant à accepter des travers, des défauts et une mentalité qui n’est pas la mienne. J’y croyais parce que je pensais que son amour excusait ses actes, ses mots, sa misogynie, j’y croyais parce que je suis de celles qui n’acceptent pas l’échec, j’y croyais parce qu’il revenait sans cesse plus rassurant et que je me promettais d’être heureuse un jour.

Je n’y crois plus et ne veux plus y croire. Comme le dit un sage auprès de moi « lorsque trop de doutes s’accumulent, dans les premiers mois d’un couple, autant amputer court, et cours! ».
J’ai couru et l’ai quitté sans préavis. J’ai fui la médiocrité d’une histoire qui portait en elle les germes de sa propre destruction, sans lui laisser aucune chance de survie dans ma propre vie.
J’ai réalisé que je ne pouvais pas me forcer à aimer quelqu’un, que je ne pouvais pas déjouer les pièges de l’alchimie et éprouver un jour du désir pour quelqu’un que je n’avais auparavant jamais désiré. Célibataire? Et bien soit, qu’il en soit ainsi, même s’il est parfois plus dure d’être seule que « mal accompagnée ».
J’abdique malgré suppliques et supplications que je n’exauce plus, je baisse les bras et accepte d’essuyer un échec supplémentaire, je ne peux me prévaloir de ma sensibilité de femme de mon désir de couple, je suis seule responsable d’avoir accepté de lui ouvrir mes portes.
Je regardais demain, et ce demain me faisait peur, les femmes ayant ce formidable don de projection. Ma raison m’a souvent dicté de ne pas suivre mes instincts, j’ai mis mon flair au placard, et j’ai porté ce couple basé sur l’amitié, l’exhaussant en amour.
Je ne suis pas du genre à laisser passer trop de choses sans réagir, je n’aurai pas pu changer ma nature longtemps et me transformer en femme soumise que je n’ai jamais été. Du caractère, de la dignité, un trop plein de fierté, certes, mais pas en amour. J’aurai attendu qu’il n’essaye pas de se mesurer à moi, nous étions trop forts pour tenir le coup dans une relation basée sur le rapport de force. Et je persiste à croire que les hommes les plus « forts », sont ceux qui ne ramènent pas leur couple sur un ring de boxe et qui mettent la fierté de côté.
Le même sage susmentionné me surnomme Xéna, et je lui réponds souvent que c’est le surnom qui me va le mieux, Xéna parce que j’ai grandi dans un schéma familial où les femmes ont leur mot à dire, où les femmes sont les égales des hommes, et où elles ne peuvent se laisser passer dessus au bulldozer sans se défendre jusqu’au dernier souffle. Il est vrai que j’étais prête à troquer mon caractère de guerrière contre cette histoire d’amour mais le pacte était tacite : Nul ne devait essayer de soumettre l’autre, de le mettre à genou, où de lui broyer sa personnalité. Nous en étions tous deux capables, forts de nos assurances respectives, de la haute estime que nous avons de nous même, et de la parfaite rhétorique de beaux parleurs qui nous caractérise.
J’accepte mes défauts, je suis têtue, et jusqueboutiste, je suis exigeante et la confiance que je donne ne dois jamais être trahie… Pas même une seule fois. C’était la fois de trop. D’autres que moi auraient certainement pardonné ce qui n’est qu’au fond qu’une banale dispute de couple, mais la forme n’y était pas.
A chaque algarade nous sortions capes, boucliers et épées, prêts à entailler la dignité de l’autre, prêts à donner des coups là où ça fait mal. Nos natures combattives se déployaient en énergies incontrôlables et érosives.
Cette histoire prête à la remise en question et à l’introspection, j’admets qu’il faut que je mette de l’eau dans mon vin, et je réalise enfin qu’un homme ne peut pas me changer.
Aujourd’hui le sort me puni de ne pas avoir été fidèle à moi-même, de m’être forcée à vivre une histoire que je pensais « belle », ou plutôt que je voulais « Belle », la destinée se moque de moi car je me suis jouée d’elle.
Je muris, et c’est agréable de constater qu’une histoire qui se termine ne me fait plus autant mal. J’accepte de faire de mes erreurs des expériences, et surtout je suis prête à tendre l’autre joue au prochain.
Je clos le chapitre et j’y appose son point final ici, en ce lieu qui se voulait léger, insouciant, moqueur, presque tendancieux, dans cet espace que nous voulions construire, les filles et moi, il y a un an exactement pour y vider nos frustrations.




Mise au point

9 02 2008

Casallywood

Cela n’arrive pas toutes les semaines mais suffisamment pour qu’on le dise ici :

– Cela ne sert à rien de suivre la jeune fille du feu rouge en voiture, si elle n’a toujours pas réagi à tes klaxons, appel de phare, gestes de macaques et autres queues de poisson pathétiques.

– C’est encore plus inutile de la suivre après cela jusque chez elle, si elle se rue sur son garage, et que tu es obligé de passer ton chemin comme un con.

– Ce n’est vraiment pas la peine d’insister lorsque tu veux offrir à boire à l’inconnue de la table d’a côté, qui est avec ses amis et qui sort ses yeux en te disant « non merci je ne bois pas », alors qu’elle agite à bout de poignet un Metropolitain bien dosé.

– C’est vraiment ridicule de se planter tout penaud, devant la caisse chez Select pour accoster la demoiselle qui achète ses clopes en lui disant un « jpeu t’parler »? Non, non, elle ne te parlera pas, tu vois bien, qu’elle continue à parler à la vendeuse et qu’elle t’ignores ostensiblement.

– C’est totalement con de scruter la marque du téléphone de la même inconnue d’à côté, pour lui envoyer par bluetooth une chanson que tu as renommé avec ton prénom, ton msn, et ton numéro de téléphone.

– C’est véritablement suicidaire que de croire que l’on peut accoster la jeune fille qui descend de sa voiture devant chez Cartier en baissant la vitre et en lui demandant 5 minutes pour « disqueuter ». Si elle descend dans cette rue là, oublies tous ce que tu sais sur la drague, et va t’acheter des boutons de manchette.

– Ce n’est vraiment pas la peine de tourner dans tout Casa dans ta super voiture blanche (paraît que c’est à la mode chez les ploucs) en repassant 6 fois devant le même café de la même rue citée précedemment.

– C’est totalement débile d’attendre que la fille qui marche devant toi arrive à ta hauteur pour que tu lui glisses lâchement une phrase dans l’oreille, saches que jamais ça ne marchera.
– C’est vraiment nul d’envoyer un message facebook a une fille que tu ne connais pas en lui disant « Hey, on a 6 friends en commun, c clair kon va sentendre! »
– Ca peut presque marcher, si t’es en train de t’acheter tes dvd la nuit, et que tu croises une fille qui en achète aussi, et que tu te transformes en critique de cinéma, attention la technique ne peut marcher que si tu es presque aussi bon que la page cinema du New York Times. Variante : tu lui dis : « permettez moi de vérifier si vos dvd sont des vrais dvd ».




Diamant sur canapé

19 01 2008

Retrouvailles virtuelles

Je l’ai retrouvé sur Facebook, un peu comme l’ex voisin de buvard au CP sur qui je louchais pendant les dictées, ou la copine de danse qui refusait de partager ses goûters et qui aujourd’hui travaille dans une boîte de comm’ à lâcher des « no way » à chaque fin de phrase. Facebook ça sert aussi à retrouver les exs, et à me rappeler de manière assez perverse qu’il y en a bien une demi douzaine dont je me serai passée. Mais cet ex-là, c’est plus qu’un ex, c’est le premier Ex. Vous savez celui-ci avec lequel vous avez usé les bancs du lycée, massacré les arbres de la cour avec vos initiales au compas, et qui vous a griffonné des « je t’aime » sur toutes les tables de la salle « K » en philo lorsque l’essentiel de vos échanges se faisaient par le biais d’une copie double perforée.

J. (1999-2000) et moi étions ZE couple de Terminale, ceux par qui le scandale arrivait, lorsque nous nous disputions et que c’était la guerre des tranchées ; nous prenions chacun un rang opposé dans la classe, et les trousses volaient au-dessus des têtes pour signifier à l’autre notre mécontentement. J. c’était ma belle époque à moi, lorsque je pensais tout savoir sur l’amour, et que j’avais des supers théories bien rodées sur les hommes, les femmes et les couples. (merde, j’ai pas changé !)

C’était mon double, mon alter ego, celui qui me faisait découvrir les écrivains contemporains et me faisaient regretter les anciens, c’était mon Homme, à la galanterie chevaleresque, qui se faisait porter pâle pour aller à l’infirmerie me ramener de l’aspirine, ou qui se prenait des avertissements pour retard, parce que comme toutes les jeunes filles de 17 ans j’étais hypoglycémique et j’avais des envies de M&M’s, de Smarties, de gommes au sucre…

J. c’était mon dernier homme juste avant mon premier portable, qui m’appelait des heures sur le fixe de la maison, et qui discutait avec sérieux du dernier sujet de philo, tout en m’assurant qu’après le bac, nous ne nous quitterons jamais.

Retrouvailles réelles

On a décidé de nous revoir. Il rentrait au Maroc quelques jours, et nous avions prévu de se caser un dîner, mais nos emplois du temps respectifs nous empêchaient de nous voir plus de trente minutes. Alors j’ai pris ma voiture, et je lui ai passé un coup de fil « Descends, je suis en bas »… 8 ans sans nous voir.

J’ai retrouvé un homme, plus grand, plus fort, à la carrure imposante, au regard apaisé et moins fou. J’ai retrouvé cette tendresse, cette même infinie tendresse qu’il dégageait à ma vue et qui me donnait des frissons, c’est comme si nous avions encore des « droits » l’un sur l’autre.

Nous marchâmes un peu dans Gautier, un peu perdus, nous voulions discuter mais nous n’avions pas le temps de prendre un café, je parlais peu, je l’observais, je trébuchais sur mes mots, il avait laissé un monstre de confiance, une amazone, une petite rebelle de la récré et il retrouve une femme… fatale ? Différemment.

Il passait sa main dans mes cheveux, et j’ai retrouvé cette façon de poser ses doigts sur ma joue, sur le côté, un peu en biais, comme pour lever le rideau qui recouvre mon âme, ou mon coeur… Il me résumait ses années, moi j’édulcorais pour lui éviter de ressentir la douleur des miennes.

Nous marchions dans ces rues exigües mais nous avions besoin d’être l’un face à l’autre, pour nous voir, chercher ce qu’il reste de ce que nous savions l’un de l’autre, retrouver une expression de visage, une tonalité de voix…

Diamant sur canapé

Nous nous retrouvâmes dans une petite place bordée de rues derrière le Kasbar, un vendeur de canapés mettait ses livraisons sur le trottoir, pour charger sa camionnette. Nous étions de ces amants qui voyaient des signes dans tout, de la symbolique dans chaque acte, et de la magie dans chaque mot. Nous savions que le hasard, c’était Dieu qui voyageait incognito.

Ce canapé pour deux, rose pâle, trônant dignement sur un trottoir du quartier Gautier nous attendait…

*Scène surréaliste.*

Nous prenions place le plus naturellement du monde, tandis que nous devisions sur nos vies respectives, sur ce que nous sommes devenus, sur les promesses que l’on a fait aux adolescents que nous étions, et comme le bilan était de rigueur, il retrouva une femme un peu blasée, au regard presque triste et nostalgique, je retrouvais un homme accompli, prêt à sauter à pied joint dans sa carrière. Il me parlait de son nouveau pays d’adoption, de son travail, de sa petite amie, de ses parents restés au Maroc.

Je voyais ces années défiler en kaléidoscope dans ses mots, nos vies ayant pris des chemins parallèles, mais nos racines dans le même pot, ce même terreau fertile de gosses éveillés, curieux, insouciants mais profondément adultes.

Nous étions bourrés de rêve, je crois qu’il a remarqué que je n’en ai presque plus. Nous étions bercés de belles illusions, je crois qu’il a vu que j’ai perdu cette patience, nous avions pour mot d’ordre une soif perpétuelle et pour promesse de l’assouvir… Je crois que là il a remarqué que j’ai toujours soif dans mon désert….

Je lui parlais du désert affectif que je traversais, des débiles que je croise et qui ne jalonnent pas ma vie, des erreurs que j’ai faites, de cet ex douloureux qui a détruit quelques échafaudages, il m’écoutait et je sentais son indicible envie de me retrouver de me protéger.

Le gars des canapés est venu, il nous a fait savoir que son canapé était à vendre, et puisque désormais il connaissait tout de nos deux vies autant l’emmener chez *nous*.

Nous avons beaucoup ri, le « chez nous » existe, dans nos souvenirs, dans la photo de classe, dans le gros paquet de copies doubles perforées signées J. que j’ai encore dans mon fameux tiroir.

Le « chez nous » existe dans le souvenir de ceux qui nous ont connu ensemble, nos camarades de classe, nos profs qui nous regardaient médusés jouer au couple adulte, le « chez nous » enfin c’est ce qu’il m’a légué ; ce que j’ai appris à ses côtés, ce que j’ai appris de moi à son contact.

A toi.





Flattées!

10 01 2008

Nous avons été nominées dans la catégorie « Meilleur blog collaboratif » du Maroc Blog Awards 2008 qui est l’évènement blog de l’année.

Nous ne nous y attendions pas du tout et nous remercions tous ceux qui ont proposé notre blog dans cette catégorie.

En ce moment se déroule la phase finale des votes pour désigner les meilleurs blogs dans près d’une vingtaine de catégories. Si vous n’avez pas encore voté, il suffit de cliquer ICI !

N’hésitez pas à découvrir les blogs proposés, certains sont de vrais petits bijoux de blogs.

                  LES CASALLYWOOD