Life goes on… Par Splendindira

26 02 2008
L’histoire se termine à grand fracas, aussi passionnément qu’elle n’avait commencé. Dans un assourdissant roulis d’écume de vagues exacerbées par un mauvais temps qui menaçait depuis quelques semaines déjà.
Bien que je voulais y croire en me forçant à accepter des travers, des défauts et une mentalité qui n’est pas la mienne. J’y croyais parce que je pensais que son amour excusait ses actes, ses mots, sa misogynie, j’y croyais parce que je suis de celles qui n’acceptent pas l’échec, j’y croyais parce qu’il revenait sans cesse plus rassurant et que je me promettais d’être heureuse un jour.

Je n’y crois plus et ne veux plus y croire. Comme le dit un sage auprès de moi « lorsque trop de doutes s’accumulent, dans les premiers mois d’un couple, autant amputer court, et cours! ».
J’ai couru et l’ai quitté sans préavis. J’ai fui la médiocrité d’une histoire qui portait en elle les germes de sa propre destruction, sans lui laisser aucune chance de survie dans ma propre vie.
J’ai réalisé que je ne pouvais pas me forcer à aimer quelqu’un, que je ne pouvais pas déjouer les pièges de l’alchimie et éprouver un jour du désir pour quelqu’un que je n’avais auparavant jamais désiré. Célibataire? Et bien soit, qu’il en soit ainsi, même s’il est parfois plus dure d’être seule que « mal accompagnée ».
J’abdique malgré suppliques et supplications que je n’exauce plus, je baisse les bras et accepte d’essuyer un échec supplémentaire, je ne peux me prévaloir de ma sensibilité de femme de mon désir de couple, je suis seule responsable d’avoir accepté de lui ouvrir mes portes.
Je regardais demain, et ce demain me faisait peur, les femmes ayant ce formidable don de projection. Ma raison m’a souvent dicté de ne pas suivre mes instincts, j’ai mis mon flair au placard, et j’ai porté ce couple basé sur l’amitié, l’exhaussant en amour.
Je ne suis pas du genre à laisser passer trop de choses sans réagir, je n’aurai pas pu changer ma nature longtemps et me transformer en femme soumise que je n’ai jamais été. Du caractère, de la dignité, un trop plein de fierté, certes, mais pas en amour. J’aurai attendu qu’il n’essaye pas de se mesurer à moi, nous étions trop forts pour tenir le coup dans une relation basée sur le rapport de force. Et je persiste à croire que les hommes les plus « forts », sont ceux qui ne ramènent pas leur couple sur un ring de boxe et qui mettent la fierté de côté.
Le même sage susmentionné me surnomme Xéna, et je lui réponds souvent que c’est le surnom qui me va le mieux, Xéna parce que j’ai grandi dans un schéma familial où les femmes ont leur mot à dire, où les femmes sont les égales des hommes, et où elles ne peuvent se laisser passer dessus au bulldozer sans se défendre jusqu’au dernier souffle. Il est vrai que j’étais prête à troquer mon caractère de guerrière contre cette histoire d’amour mais le pacte était tacite : Nul ne devait essayer de soumettre l’autre, de le mettre à genou, où de lui broyer sa personnalité. Nous en étions tous deux capables, forts de nos assurances respectives, de la haute estime que nous avons de nous même, et de la parfaite rhétorique de beaux parleurs qui nous caractérise.
J’accepte mes défauts, je suis têtue, et jusqueboutiste, je suis exigeante et la confiance que je donne ne dois jamais être trahie… Pas même une seule fois. C’était la fois de trop. D’autres que moi auraient certainement pardonné ce qui n’est qu’au fond qu’une banale dispute de couple, mais la forme n’y était pas.
A chaque algarade nous sortions capes, boucliers et épées, prêts à entailler la dignité de l’autre, prêts à donner des coups là où ça fait mal. Nos natures combattives se déployaient en énergies incontrôlables et érosives.
Cette histoire prête à la remise en question et à l’introspection, j’admets qu’il faut que je mette de l’eau dans mon vin, et je réalise enfin qu’un homme ne peut pas me changer.
Aujourd’hui le sort me puni de ne pas avoir été fidèle à moi-même, de m’être forcée à vivre une histoire que je pensais « belle », ou plutôt que je voulais « Belle », la destinée se moque de moi car je me suis jouée d’elle.
Je muris, et c’est agréable de constater qu’une histoire qui se termine ne me fait plus autant mal. J’accepte de faire de mes erreurs des expériences, et surtout je suis prête à tendre l’autre joue au prochain.
Je clos le chapitre et j’y appose son point final ici, en ce lieu qui se voulait léger, insouciant, moqueur, presque tendancieux, dans cet espace que nous voulions construire, les filles et moi, il y a un an exactement pour y vider nos frustrations.




Présente moi ta maman je te dirai qui tu es…

19 02 2008

Sa mère ou Moi

Café LP – Dimanche 18 heures 30

Elles sont jeunes et jolies. Doivent avoir entre 23 et 28 ans. Toutes attablées à côté, la promiscuité fait que j’entends tout ce qu’elles disent. Mon iphone annonce un Hotspot WIFI qui ne marche pas, mon rendez-vous traine. Mes oreilles trainent aussi puis je m’imagine Freud se retourner dans sa tombe.

Il parait que la saison des mariages démarre en juin et approche à grand pas et il est désormais presque impossible de trouver couturier, traiteur, orchestre(s), décorateur, etc. Les mères jubilent et prennent les choses en mains, car il est de rigueur que ce soit elles qui organisent et invitent…

Il semblerait que la guerre commence en février, puisque le bras de fer démarre. A coup d’exemples et d’illustrations, elles citent des couples qu’elles connaissent. L’une d’entre elles raconte sa propre histoire.

La plus « sage » commente, elle dit que le clash est inévitable pour les familles aux *éducations* différentes, entre celles qui sont encore à vouloir à tous prix inviter 600 personnes, et le clan d’en face, plus moderne, qui ne veut pas démordre d’un petit 150 convives.

Celle qui pleure son expérience, retient son souffle, et déglutit.

« Tout est sujet à discorde lorsque l’on prépare un mariage, et la pomme c’est le couple qui l’avale mal. »

La couleur de la bâche est un motif de dispute qui prend des proportions inconsidérées, désormais, la mère du jeune homme menace, « Si ce n’est pas comme je veux, non seulement je ne viendrai pas mais mon fils non plus!« .

Je repense à toutes les discussions que j’ai eu à ce sujet avec mes amies, nous en étions arrivées à la conclusion, qu’au Maroc, le complexe d’oedipe aurait un nouveau sens, utilisé à la base pour désigner les mioches de 2 ans qui veulent épouser leur mère, cette théorie se retrouve aujourd’hui mise à mal par le mâle marocain.

Celle qui a un chignon négligé sur la tête, qui tient comme par magie autour d’un stylo bic, n’a pas parlé de toute la conversation. Je crois que ça l’agaçait. Elle reproche à la malheureuse de ne pas avoir appliqué la règle : « Présente moi ta maman je te dirai qui tu es« . D’un haussement d’épaules elle lui explique que son flair est désormais infaillible et qu’elle a pour habitude de scruter dans les élans mère-fils de ses petits-copains des gestes de dépendance malsaine, ou d’over influence.

Chignon, lâcha une vérité générale : « Celles qui croient avoir la paire de ciseau magique et pensent qu’elles finiront tôt ou tard à faire de leur homme un Homme, se mettent le doigt dans l’oeil ».

La pythie a parlé.

Nous avons tendance à sous-estimer le pouvoir destructeur de ce genre de rapports sur un couple, pourtant c’est un phénomène de société qu’il faut savoir prendre en considération avant d’envisager une relation sérieuse avec un homme. Le « triangle amoureux » finit par être invivable et la victime est toujours la même…

… Il ne lui restera que ses belles tenues d’un mariage avorté.





Mise au point

9 02 2008

Casallywood

Cela n’arrive pas toutes les semaines mais suffisamment pour qu’on le dise ici :

– Cela ne sert à rien de suivre la jeune fille du feu rouge en voiture, si elle n’a toujours pas réagi à tes klaxons, appel de phare, gestes de macaques et autres queues de poisson pathétiques.

– C’est encore plus inutile de la suivre après cela jusque chez elle, si elle se rue sur son garage, et que tu es obligé de passer ton chemin comme un con.

– Ce n’est vraiment pas la peine d’insister lorsque tu veux offrir à boire à l’inconnue de la table d’a côté, qui est avec ses amis et qui sort ses yeux en te disant « non merci je ne bois pas », alors qu’elle agite à bout de poignet un Metropolitain bien dosé.

– C’est vraiment ridicule de se planter tout penaud, devant la caisse chez Select pour accoster la demoiselle qui achète ses clopes en lui disant un « jpeu t’parler »? Non, non, elle ne te parlera pas, tu vois bien, qu’elle continue à parler à la vendeuse et qu’elle t’ignores ostensiblement.

– C’est totalement con de scruter la marque du téléphone de la même inconnue d’à côté, pour lui envoyer par bluetooth une chanson que tu as renommé avec ton prénom, ton msn, et ton numéro de téléphone.

– C’est véritablement suicidaire que de croire que l’on peut accoster la jeune fille qui descend de sa voiture devant chez Cartier en baissant la vitre et en lui demandant 5 minutes pour « disqueuter ». Si elle descend dans cette rue là, oublies tous ce que tu sais sur la drague, et va t’acheter des boutons de manchette.

– Ce n’est vraiment pas la peine de tourner dans tout Casa dans ta super voiture blanche (paraît que c’est à la mode chez les ploucs) en repassant 6 fois devant le même café de la même rue citée précedemment.

– C’est totalement débile d’attendre que la fille qui marche devant toi arrive à ta hauteur pour que tu lui glisses lâchement une phrase dans l’oreille, saches que jamais ça ne marchera.
– C’est vraiment nul d’envoyer un message facebook a une fille que tu ne connais pas en lui disant « Hey, on a 6 friends en commun, c clair kon va sentendre! »
– Ca peut presque marcher, si t’es en train de t’acheter tes dvd la nuit, et que tu croises une fille qui en achète aussi, et que tu te transformes en critique de cinéma, attention la technique ne peut marcher que si tu es presque aussi bon que la page cinema du New York Times. Variante : tu lui dis : « permettez moi de vérifier si vos dvd sont des vrais dvd ».




Ces phrases assassines

7 02 2008

 

An unmarried woman

« Nkounou M3ak ncha3allah!!, Lay jib ji rajel » la traduction serait « Que Dieu t’apporte un mari pour que nous assistions à tes noces » avec une toute petite pointe d’ironie quasi malsaine.

Pour les marocaines mariables, c’est-à-dire pour toutes celles qui n’ont toujours pas convolé et qui ont plus de 24 ou 25 ans, cette phrase est un leitmotiv qui leur est rabâchée au quotidien par leurs familles, les amis de la famille, leurs mamies, ou par tous ceux qui ne réalisent pas qu’aujourd’hui il est possible d’avoir 26 ans et de ne pas être focalisée sur le mariage.

J’ai repoussé toute la semaine durant, le moment où je devais passer féliciter ma cousine pour la naissance de son deuxième enfant pour éviter de croiser ma famille, la sienne, ou celle de son mari et devoir affronter ces terribles phrases pernicieuses en public.

Ca n’a pas raté, à peine rentrée, je ne l’avais même pas encore embrassée que j’entendais déjà une arrière tante me hurler aux tympans le quatrain fatidique.

Pétage de plombs. *Soundtrack Kill Bill*

J’ai profité de la présence de tout le clan pour leur dévoiler le fond de ma pensée en agressant la malheureuse qui avait justement divorcé le matin même :

« Je ne suis ni estropiée ni borgne, j’en ai marre que vous me traitiez comme une handicapée, ce n’est pas parce que j’ai 26 ans que je vais céder à votre pression sournoise et culpabiliser de ne pas épouser le premier con venu juste pour que vous soyez contents, d’ailleurs le prochain que j’entends me sortir encore une seule de vos formules toutes faites avec lesquelles vous martyrisez les demoiselles de la famille aura droit à un lynchage en règle et en publique« .

Silence et stupéfaction

Une des tantes a reprit « Mais nous ne voulons que ton bien, c’est parce que l’on t’aime que l’on te souhaite ces belles choses, nous aussi on a entendu ces phrases et… »

« Stooop!!!! Je suis sure que vous détestiez les entendre ces phrases, la coupais-je, d’ailleurs en reproduisant le schéma vous avez rendu dépressive Samia (cousine de 32 ans, célibataire et au bord du suicide), elle ne veut même plus assister aux réunions de famille à cause de vos bêtises de vieillardes ».

Casus belli

Traiter des petites bourges casablancaises de « vieillardes » alors qu’elles n’ont pas dépassé le cap des 55 ans c’est jeter un pavé dans la mare et toucher là où ça fait mal. Loi de Talion oblige.

Une petite voix se fit entendre du fin fond de la pièce : « j’entendais ça aussi à ton âge et je détestais, je comprends que tu réagisses comme cela ». Puis une autre vint surenchérir : « Moi aussi on m’a fait la même chose, et je piquais des colères à chaque fois, mais je ne pouvais pas réagir comme tu l’as fait aujourd’hui ».

Je cherchais du regard l’assentiment de ma cousine qui ne pouvait malheureusement pas me comprendre, elle fait partie de celles qui ont toujours cru que le mariage était une finalité en soi, et elle ne respirait que pour le jour de la cérémonie, d’ailleurs elle se maria avec un homme de 17 ans son aîné juste parce qu’il remplissait tous les standards de sélection qu’elle s’était fixée et aujourd’hui il ne la regarde même plus.

La Matriarche, notre grand-mère commune, arriva. Escortée de son bataillon d’aide-soignant, de porte sacs, et de demoiselles de compagnies en tous genres. Elle me toisa d’un regard lourd de sens, et allait me sortir son éternelle litanie me reprochant mon *célibat*. Etant entendu que célibataire veut dire ici « ne pas être mariée ni fiancée ».

Les autres la prirent à part, la faisant valser dans la pièce et lui firent part de mon acte de félonie.

« Et bien soit, nous ne te dirons plus rien, d’ailleurs nous ne te parlerons même plus, lâcha-t-elle, j’espère même que je serai morte et enterrée le jour de ton mariage pour que tu puisses bien regretter de ne pas t’être mariée plus tôt ».

La sentence était tombée.

A ce moment précis, la porte s’ouvrit sur une amie de la famille qui se jeta sur moi : « Ma petite chérie!!! Nkounou M3ak!!!!! »