2 heures de retard… Par Eshadesyr

27 09 2007

Un ange est passé par là … moi j’étais totalement envahie par cette liberté retrouvée, par cette révolte qui s’était emprise de moi, oui ! J’étais révoltée ! révoltée contre toutes ces années gâchées, révoltée par toutes ces guerres menées envers et contre tous, révoltée par le faite d’être devenue une autre, révoltée par le faite d’être devenue cette femme, une femme que je ne reconnaissais plus face à son miroir, une femme assoiffée de découverte, assoiffée de liberté, assoiffée d’expériences nouvelles, assoiffée de sensations toujours plus forte ! Et puis cet ange m’a reconnu au premier regard… il m’a fait découvrir des choses jusqu’à présent éteintes, enterrées 6 pieds sous terre, écrasées, déchiquetées, étouffées, aveuglées, assourdies ! C’était trop ! Trop beau ! Trop fort ! Trop intense ! Trop sincère ! je me suis voilée « la face » en me disant que c’était seulement un ange de passage, comme tout les autres … je l’ai rejeté, je l’ai ignoré et je suis revenue à maintes reprises pour m’enfuir à chaque fois un peu plus loin à la quête de quelque chose que j’avais déjà., sauf, que, j’étais la seule à ne rien voir … je ressentais les choses, je les vivaient, je les dévoraient pour mieux les jeter et les salir par la suite.

Aujourd’hui, je suis convaincue que lorsque un ange se présente, que ca soit à sa porte, au détour d’une rue ou à l’arrêt d’un bus il faut savoir saisir sa chance ne pas la laisser filer.

Ce ne sont pas les regrets qui parlent, encore moins les remords, ils n’ont pas lieu d’exister … c’est seulement une réalité qui s’empare de vous, de vos tripes, qui ne vous lâche plus et qui vous fait redécouvrir la personne que vous avez toujours été.

A présent, l’ange est toujours présent, il le sera toujours … peut être pas de la manière dont je le souhaiterai aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de lui en vouloir, j’ai pris le train avec 2 heures de retard, on ne s’étaient pas compris sur les horaires …il m’a attendu, a fait le pied de grue, a téléphoné a maintes reprises afin de savoir si ce train je le prenais finalement, mais, je n’ai pas répondu … j’ai laissé sonné et j’ai mis mon téléphone en mode vibreur, pour, finalement le mettre carrément en mode silencieux.

Aujourd’hui, je ne veux plus le mettre en silencieux, je veux le laisser sonner sur du « Nicole Willis » et me laisser envahir par cette douce sonnerie qui pourrait m’accompagner des heures, des jours, des mois et qui sait ? Des années durant dans ce train que je n’ai pas pris au moment approprié.

 

L’ange sera-t-il du voyage ?

 

 





Cuisine et autres contrariétés…

27 09 2007

Esha et moi décidâmes hier soir de nous faire à grailler aux alentours de deux heures du matin. A cette heure là, pas âme qui vive à la maison et donc aucune possibilité de manger quelque chose de chaud.

Pour des demoiselles qui ont toujours clamé leur autonomie, leur indépendance et tout le tutti que l’on entend habituellement chez les jeunes femmes de notre génération nous étions bien marrantes de nous retrouver dans une cuisine avec pour seul autonomie possible de cuire un œuf sans aucune aide extérieure.

«Quoi tu sais vraiment rien faire dans une cuisine???» me dit Esha qui voulait devancer la même question.

«Si si, bien sûr, je sais faire des trucs ultra compliqués avec des livres de cuisine, genre un soufflé au fromage, un cheese cake ou un risotto au riz arborio» crânais-je.

«T’es sérieuse??!! je savais pas que tu avais des talents cachés, mais alors ce soir tu nous fais quoi?» dit-elle avec ironie.

«Ecoute Esha, quand j’ai 3 heures à tuer, et ça arrive rarement, et que ça me prend de devenir parfaite, je me dis que le seul chantier qui reste c’est la cuisine, et comme c’est arrivé rarement, j’ai réussi quelques trucs mais c’est pas régulier, capiche?»

«Mhmm en gros t’es en train de me dire que là, toutes les deux on va crever de faim?» répondit-elle.

«On va réchauffer des crêpesavec du miel ou du sucre!» lui dis-je sur un ton triomphant. Mais je savais que cela allait demander une aptitude supplémentaire: le choix de la poêle.

Tandis que nous passions un bon quart d’heure à choisir la poêle qu’il fallait, Esha me fit un joli sermon :

«Nous sommes pitoyables, comment on fera une fois mariées?»

«Moi j’ai toujours eu des marmitons dans ma vie, mes mecs savaient tous super bien cuisiner» dis-je.

«Ah parce que tu les choisi sur casting? Tu demandes ça à l’entretien d’embauche? tu fais un test culinaire?» me dit-elle en riant.

«Non, non je t’assure, ils sont nés avec une poêle à frire dans la main, et parfois je suis même tombée sur l’option j’aime bien faire la vaisselle». Frimais-je.

«T’es sérieuse???? des marocains?».

«Ouais!» et toque! me voilà remontée dans l’estime d’Esha qui rêvait déjà d’un beau jeune homme bronzé sous un tablier blanc immaculé…

L’ange de Bernard Loiseau passa en coup de vent, il refusait obstinément d’ouvrir les yeux pour constater que nous réchauffions des crêpes dans une casserole.

«Splendi, je crois que l’on va prendre une résolution sérieuse, on doit commencer à prendre des cours de cuisine, sérieux ça me stresse, comment je vais gérer moi un jour?»

«Tu rigoles Esha, je sais même pas faire le marché, je connais pas le prix du kilo de tomate, je fais à peine la différence entre la viande et la volaille et tu veux que je m’y mette?? je suis une cause perdue.»

«Voilà, à trop être assistées on est nulles en cuisine, moi ma mère refuse que je rentre en cuisine par peur que je lui foute le bordel, et voilà le résultat» me dit-elle.

«Et moi, cela fait 5 ans que je me dis que je vais m’y mettre et là le résultat c’est que je sais même pas où se trouvent les assiettes dans ma propre cuisine».

«Tu veux pas réveiller ta sœur? me dit Esha, elle a peut-être 12 ans, mais elle s’en sortira mieux que nous!»

«T’es folle, déjà à deux et j’ai honte et tu veux que je ramène un témoin supplémentaire à ma déchéance??Euh c’est normal cette couleur? les crêpes ont changé de texture!» lui dis-je affolée.

«Ca sent une odeur familière, je crois que c’est bon tu peux éteindre le feu».

«De toutes façons j’ai plus faim, cette histoire de cuisine m’a contrarié!!»





Bloguons Utile: Les casallywood pour l’AACRPE et les jeunes détenus

24 09 2007

Nous avions été interpellées il y a quelques jours par l’appel du collectif « Bloguons Utile », lancé pour soutenir régulièrement des causes par le biais de nos blogs.

La première cause est celle d’une association peu connue, l’association des amis des centres de réforme et de la protection de l’enfance, fondée en 2001 par la célèbre Mama des prisons, Assia El Ouadie. Les bloggeurs du collectif ont, pendant deux jours, soutenu cette association et les jeunes détenus des centres de réforme du Maroc.

Ainsi, sensibilisées par cette action, nous souhaiterions poser un éclairage supplémentaire à cette cause dans notre Casallywood Charnel, et faire prendre conscience à nos lecteurs que ces enfants, âgés de 12 à 20 ans ont besoin de nous, parce que, derrière chaque détenu se cache un enfant.

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