Virtuellement Charnel… Par Splendindira

10 05 2007

clavier

Pour toutes ces rencontres là qui ne sont pas suffisamment narrées dans les romans que l’on a lu.
Ces rencontres fortuites qui démarrent dans un site, un blog, ou une communauté virtuelle, par le biais d’un petit message anodin, d’un timide commentaire…

Et puis tout bascule.

Il suffisait d’un rien pourtant pour que l’on clique sur « Delete » mais il est presque trop tard, la curiosité a été piquée à vif, la répartie séduit et l’échange se poursuit… Frénetiquement.

Les mails fusent et l’appétit grandit.

Nous repoussons le moment d’aller vers la facilité, celui où inexorablement, on a envie de discuter, mais l’échange par mail devient lassant.

MSN, le SAS de sécurité, celui où l’on a l’illusion de découvrir la personne sans se mouiller sans se dévoiler et qui offre une porte de sortie rassurante; bouton droit. Supprimer ce contact. Bloquer ce contact.

Notre intimité est sauve, au pire, il passera à la trappe. Comme tant d’autres…

Nous n’osions pas demander de photo, par peur de montrer l’intérêt grandissant, et nous espérons que la photo de MSN ne sera pas l’une de ses immondes images que l’on trouve par défaut…

Tout le soin que nous prenions à écrire convenablement dans nos mails s’envole en éclat, plus besoin de faire attention aux fautes, nulle envie de respecter les contraintes grammaticales, le lieu se prête à la phonétique et aux abréviations entrées dans l’usage.
Les émotions passent par le biais d’émoticones ringards, trop répandus, mais tellement pratiques : le message est passé…

MSN est chronophage, les heures passent, mais nous ne décollons pas le regard de la fenêtre, prêts à dégainer, à rebondir sur chaque phrase, à saisir au vol chaque mot qui sont autant d’ouvertures…

L’affection s’installe pour cet être que nous ne connaissons pas, les barrières tombent, les masques s’estompent, et le lien est réel. La discussion a dépassé le cap des banalités, prend des allures de confidences et l’on réalise qu’il est plus aisé de se vider ici dans les limbes confortables du virtuel.

« Parfois c’est tellement violent que j’ai envie de couper court, de ne plus m’attacher à des mails et des posts, d’aller vers le réel pour mettre fin au rêve, parce que le rêve finira bien un jour, par lassitude ou par ordre du réel sur nos vies. donc je fonce, je me dis évite la déception, sois déçu réellement, déçois réellement, tout le reste n’est que IP«