Cette fois-ci est-ce reparti ?

15 04 2016

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– J’adore ton cynisme, me dit-elle, tu devrais tenir un blog, tu me tues de rire !

– Un blog ?! Tu veux dire pour y raconter ce que je te raconte ? Répondis-je amusée

– Ben oui, un blog, un truc anonyme, où tu balancerai tout ça, je suis sûre que ça plairait ! 

– Tu sais que j’en ai déjà eu un ?

– Oui, tu m’as dit, le blog avec tes copines c’est ça ? Tu devrais me montrer un jour et y réécrire.

 

Oui mais un blog c’est un engagement. Même lorsqu’il n’y a qu’un seul lecteur par jour arrivé là par accident au gré d’une recherche de resto à Casa. C’est une responsabilité d’écrire et je ne pense pas être en mesure de recommencer. J’ai les doigts rouillés, quelques tonnes d’insouciance en moins et un crédit sur 20 ans en plus… Pire encore ! Je pense avoir perdu mon humour parce que mon cynisme est naturel !

P*t*in c’était quoi le mot de passe déjà ?

Mot de passe oublié – réinitialiser le mot de passe – Changement de mot passe (les filles si vous passez par là, j’ai changé le mot de passe, appelez moi si l’envie vous prend de poster quelque chose sur le blog, toutefois il est exclus d’y parler de Maria Montessori ou de l’efficacité des colliers d’ambre sur les poussées dentaires).

Le blog croule sous des dizaines de commentaires laissés ces dernières années sans qu’on ne les lise, mais une fois supprimés ceux des bots et autres spam, il en reste bien quelques uns nostalgiques de l’époque. Emue de lire ces quelques témoignages  d’anciens lecteurs qui réclament un come back.

Je me sens comme un girls band qui tente de se reformer pour la tournée spéciale « We are the 90’s » sauf que de la bande il ne doit rester plus que moi qui ai encore – parfois – envie d’écrire.





Casallywood Charnel revit!

26 02 2010

Keys of Casallywood

« Par cet échange de courrier, nous vous remettons les clés de Casallywood. Puissiez vous être dignes de ce lourd héritage qu’est de faire subsister ce petit ilot de rire et d’expression libérée de tous mords. Vous voilà désormais officiellement citoyennes de Casallywood Charnel ».

Par ces mots, nous voici désormais seules, toutes les trois, ou peut-être bientôt quatre. Nous étions ferventes lectrices du blog que nous avons découvert assez tard, bien après le baisser de rideau et l’ultime rappel. Nous leur avons écrit, d’abord sans succès, puis l’une d’entre elles, Kali, a répondu. Elles ont été touchées de nous voir conquises par ce petit blog. Cet espace qui a démarré comme une blague, disent-elles, un fou rire entre copines puis un « Allez Chiche!« . Aujourd’hui, certaines se sont mariées, une autre est quelque part au Mexique et la dernière n’avait plus l’envie d’y écrire seule…

Lassées? Non, ont elles répondu. Cet espace leur manque et elles y pensent souvent. Elles disent lire les commentaires qu’elles reçoivent encore avec émotion.

Puis de fil en aiguille, l’idée d’une transmission de blog a germé, puis a fait son chemin. Nous étions d’abord sceptiques. Comment continuer un blog appartenant à d’autres personnes? Comment en préserver la saveur? le goût? Nous ne pensions pas avoir les ingrédients… « Les ingrédients??! On le puise dans le quotidien, dans un vécu! » nous rassurèrent-elles.

Quelques semaines plus tard, elles nous estimèrent prêtes, nous en étions encore à nous demander si nous avions réellement envie de passer de l’autre côté de l’écran. Elles nous mirent au pied du mur par leur dernier email par lequel elles nous ont fourni les accès du blog – le sésame – avec en sus un mot de passe qui ferait frémir les plus grands cryptologues.

Nous allons commencer par affronter quelques pages blanches, quelques articles au brouillon, et de nombreux doutes, mais nous allons suivre leur ultime conseil : « Écrivez pour vous même, comme si cela restait entre vous. N’attendez rien en retour« .

Être citoyennes de Casallywood Charnel est un honneur qui ne se refuse pas, seul le temps nous dira si nous le méritions.

Allez, Chiche!

Les nouvelles Casallywood





Silence, On tourne!

15 06 2008

La mode est un éternel recommencement dit-on, et comme pour l’illustrer, chaque année à la même période je sacrifie mes week-ends d’été à festoyer mes copains, copines, qui convolent en juste noces, tandis que je leur consacre mes soirées d’hiver à panser leurs plaies, les âmes brisées, leurs désillusions, et à gérer les bris de divorces et autres séparations douloureuses…

Il y a quelques jours, je l’ai fêté Elle, jeune et jolie, drôle, attachante, dévouée et serviable, et Lui, son inconnu, qu’elle a rencontré quelques semaines auparavant, mignon, sombre, perdu et quelque peu désemparé.

Durant toute leur soirée de mariage, j’attendais qu’un réalisateur hurle « Coupez!! On la refait » tellement j’ai eu le sentiment de me retrouver dans une parodie de série B, avec deux protagonistes pas conscients de leur grossière erreur.

Nous étions tous stupéfaits, ils ne se connaissaient pas du tout, et n’étaient ensemble que depuis peu, ils ne savent pratiquement rien l’un de l’autre, et cerise sur le gâteau; ils n’avaient même pas l’air heureux à leur propre mariage. Les parents de chacun, apeurés, distribuaient des sourires jaunes tandis que les familles se toisaient du regard. Quant à nous, nous observions notre amie, qui bien que nous ayant habituée à son grain de folie, ses histoires d’amour fluviales aux confluents marécageux, elle n’aurait jamais été capable d’accepter une demande en mariage par téléphone, mais elle la fait.

Que s’est-il passé pour que tout ceci s’organise en si peu de temps, elle qui il y a encore quelques semaines était depuis quelques mois avec un autre. D’ailleurs lorsqu’elle me l’a annoncé, j’étais sure que c’était une mauvaise blague, une occasion de plus de faire la fête mais en riant du sort, avec un thème à la fois aussi sérieux et léger que le mariage.

Comme dans la plupart des mariages marocains, célébration teintée d’hypocrisie, le bar est situé assez loin du centre des festivités. Il faut relever son caftan avec élégance, le nouer entre trois doigts au niveau des genoux, laisser apparaitre des jambes nus et graciles sous des kilos de tissus, et avancer droit avec aisance et dignité. Une fois là-bas, j’y croise le jeune homme dont les copains gavent d’alcool à l’entonnoir, il n’a pas l’air heureux et n’a pas souri une seule fois depuis le début de la cérémonie, alors son ami me confie qu’il faut lui donner un air jovial donc ils l’ont forcé à devenir ami avec J. Daniels.

Mais comment peut-on prendre la décision de se marier par téléphone avec une fille que l’on a vu qu’une seule fois? Pourtant les jeunes mariés sont loin de subir une pression quelconque, et la mariée a toujours joué les « runaway bride » dès lors qu’un petit ami lui proposait le mariage.

Ce mariage, une photographie fidèle du malaise vécu aujourd’hui par nombre d’entre nous, sonnait faux, et nous mettait mal à l’aise, peut-être face à la désastreuse capacité de nos pairs de prendre ce genre de décisions à la légère, ou face à l’indécision d’autres qui repoussent sine die ce jour fatidique.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à moi, à ma situation de jeune femme à 50 % single, qui a développé une peur panique de toute forme d’engagement et qui fuit les responsabilités de couple comme d’autres ralentissent à la vue des radars. Comment en suis-je arrivée là? Moi qui il y a encore quelque temps rêvait de prince charmant, de couple charmant, de caftan charmant, et de tout le toutim? Je suis aujourd’hui désabusée, blasée, et demeure convaincue qu’il va me falloir pas moins de deux mariages pour trouver enfin l’équilibre. Le mariage « social », comme je me plais à dire, celui que l’on fait aux alentours de trente ans, pour faire plaisir à tout le monde, et flatter son égo, et le mariage de la « maturité » qui viendra certainement quelques années après. Mon raisonnement est pitoyable, et lorsque j’y pense je m’en excuserait presque auprès de la jeune ado que j’ai été.

Je ne supporte pas l’échec lorsque j’ai eu de belles et nobles aspirations, j’ai horreur du doute lorsque j’ai été déjà sure de mes choix, et je préfère ne pas me marier plutôt que de me décevoir.

Qui est donc dans le vrai? Celui qui se marie comme lorsque l’on coche une case d’un document administratif ou celui qui ne se marie pas parce qu’il attend d’effleurer des certitudes?

Elle fit son apparition dans une très belle robe blanche de fin de cérémonie, lui cintrant la taille et s’élargissant en cerceaux au niveau des jambes, elle tenait un petit bouquet de fleurs blanches garni avec gout et s’apprêtait à couper son gâteau avec ce nouveau mari dont elle ne connaissait presque rien. Quelqu’un dans l’assemblée a crié « un bisou », et le mari s’est renfrogné « non, non j’aime pas ça! ». Comment aurai-je réagi en pareil circonstance ? Je crois que je l’aurai entarté dans la pièce montée…

Ce mariage ne durera pas. Je le lis dans le regard de ce couple qui s’est emballé comme un brasier quelques semaines auparavant, et qui est tombé dans le piège du coup de foudre fulgurant.

Comme un lendemain d’ecsta.

Lorsque la descente est dure à digérer. Une descente à quelques centaines de milliers de dirhams, une descente sur un air de Pinhas, chanteur sur le retour des années 90.

Le marié ne sourit pas, la mariée fait semblant, mais on peut lire la peur dans leurs yeux. La même expression de visage que celle d’un enfant qui vient de faire éclater un pétard et qui s’est fait prendre.

Comme un lendemain de mariage à Vegas pour amateurs de roulette russe.

Mon arme est chargée à blanc, et je crois que je vais continuer à tirer dans le vide…






Un post pour un poète

13 06 2008

Un lecteur nous a laissé un commentaire au post « L’amour au temps de Abbas », nous avons apprécié ses rimes savamment troussées tandis qu’il nous narre comment il a troussé sa belle… Son poème méritait un post!

Parler d’une membrane, en guise de prologue,
Bêtement recousue par le gynécologue,
Est bien sot, mais hélas, nos us sont ainsi faits,
Que ne plus être vierge est un vilain forfait.
Pour la jeune fille, préserver son hymen,
Est un calvaire auquel elle doit dire amen.
Il vaut mieux conserver le précieux capital,
Que de le réparer, au bloc, à l’hôpital.
Quantité de moyens existent, par bonheur,
D’atteindre le plaisir sans perforer la fleur.

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L’amour au temps de Abbas El Fassi

9 05 2008

Dans notre « plus beau pays du monde », comme dirait l’autre, nous avons aussi notre lot de contradictions, pays de la schizophrénie déclarée et assumée, haut lieu de l’hypocrisie sociale auto-proclamée et antre des paradoxes des plus flagrants, la presse nous a récemment annoncé l’arrivée de « La pilule du lendemain ».

Quelle avancée majeure pour la femme marocaine moderne, qui après s’être fait avortée illégalement dans des conditions les plus ignobles, peut désormais compter sur la pilule magique presque tout droit sortie d’Harry Potter.

Si l’on doit se référer à nos lois, nous sommes sensées être « vierges » jusqu’au mariage, puisque les relations sexuelles hors mariage sont prohibées, mais des vierges, à Casallywood, nous n’en connaissons pas. Par contre, ce que nous savons avec certitude, c’est que les avortements pour grossesse hors mariage sont légions.

Bien que formellement interdits aussi par la Loi, l’avortement se pratique en toute illégalité, et ce souvent, dans des conditions abominables et la plupart du temps dans des lieux qui relèveraient parfois plus d’un garage de voitures à une clinique, il est vrai néanmoins que cela se pratique aussi dans des cliniques privées dernier cri.

Dans ce même élan hypocrite et pour justifier la mise sur le marché d’un produit pareil, le laboratoire justifie ce médicament comme étant une solution aux grossesses non désirées et en particulier aux viols!

Alors, cette pilule du lendemain est-elle un ultime pied-de-nez à la morale et à la loi? Ou un outil de plus pour la femme mariée lui permettant de planifier ses grossesses et ce, avec la pléthore de préservatifs goût framboise ou vanille, nervurées ou ultra-fins qui se vendent en pharmacie, avec en prime, le super lubrifiant goût chewing-gum?

Toujours est-il que ce n’est pas demain la veille, que la femme célibataire sera libre d’avorter quand bon lui semblera, et qu’entre-temps nous sommes contentes de compter sur un « parachute » de plus (sans mauvais jeu de mot) qui pourrait nous éviter bien des frayeurs.





Génération Bridget Jones

6 05 2008

Une fois n’est pas coutume, à Casallywood on écoute désormais… DU RAP!

Que celle qui ne se reconnait pas dans les paroles nous jette la première pierre…

Cliquez ici :

Enz – Génération Bridget





Life goes on… Par Splendindira

26 02 2008
L’histoire se termine à grand fracas, aussi passionnément qu’elle n’avait commencé. Dans un assourdissant roulis d’écume de vagues exacerbées par un mauvais temps qui menaçait depuis quelques semaines déjà.
Bien que je voulais y croire en me forçant à accepter des travers, des défauts et une mentalité qui n’est pas la mienne. J’y croyais parce que je pensais que son amour excusait ses actes, ses mots, sa misogynie, j’y croyais parce que je suis de celles qui n’acceptent pas l’échec, j’y croyais parce qu’il revenait sans cesse plus rassurant et que je me promettais d’être heureuse un jour.

Je n’y crois plus et ne veux plus y croire. Comme le dit un sage auprès de moi « lorsque trop de doutes s’accumulent, dans les premiers mois d’un couple, autant amputer court, et cours! ».
J’ai couru et l’ai quitté sans préavis. J’ai fui la médiocrité d’une histoire qui portait en elle les germes de sa propre destruction, sans lui laisser aucune chance de survie dans ma propre vie.
J’ai réalisé que je ne pouvais pas me forcer à aimer quelqu’un, que je ne pouvais pas déjouer les pièges de l’alchimie et éprouver un jour du désir pour quelqu’un que je n’avais auparavant jamais désiré. Célibataire? Et bien soit, qu’il en soit ainsi, même s’il est parfois plus dure d’être seule que « mal accompagnée ».
J’abdique malgré suppliques et supplications que je n’exauce plus, je baisse les bras et accepte d’essuyer un échec supplémentaire, je ne peux me prévaloir de ma sensibilité de femme de mon désir de couple, je suis seule responsable d’avoir accepté de lui ouvrir mes portes.
Je regardais demain, et ce demain me faisait peur, les femmes ayant ce formidable don de projection. Ma raison m’a souvent dicté de ne pas suivre mes instincts, j’ai mis mon flair au placard, et j’ai porté ce couple basé sur l’amitié, l’exhaussant en amour.
Je ne suis pas du genre à laisser passer trop de choses sans réagir, je n’aurai pas pu changer ma nature longtemps et me transformer en femme soumise que je n’ai jamais été. Du caractère, de la dignité, un trop plein de fierté, certes, mais pas en amour. J’aurai attendu qu’il n’essaye pas de se mesurer à moi, nous étions trop forts pour tenir le coup dans une relation basée sur le rapport de force. Et je persiste à croire que les hommes les plus « forts », sont ceux qui ne ramènent pas leur couple sur un ring de boxe et qui mettent la fierté de côté.
Le même sage susmentionné me surnomme Xéna, et je lui réponds souvent que c’est le surnom qui me va le mieux, Xéna parce que j’ai grandi dans un schéma familial où les femmes ont leur mot à dire, où les femmes sont les égales des hommes, et où elles ne peuvent se laisser passer dessus au bulldozer sans se défendre jusqu’au dernier souffle. Il est vrai que j’étais prête à troquer mon caractère de guerrière contre cette histoire d’amour mais le pacte était tacite : Nul ne devait essayer de soumettre l’autre, de le mettre à genou, où de lui broyer sa personnalité. Nous en étions tous deux capables, forts de nos assurances respectives, de la haute estime que nous avons de nous même, et de la parfaite rhétorique de beaux parleurs qui nous caractérise.
J’accepte mes défauts, je suis têtue, et jusqueboutiste, je suis exigeante et la confiance que je donne ne dois jamais être trahie… Pas même une seule fois. C’était la fois de trop. D’autres que moi auraient certainement pardonné ce qui n’est qu’au fond qu’une banale dispute de couple, mais la forme n’y était pas.
A chaque algarade nous sortions capes, boucliers et épées, prêts à entailler la dignité de l’autre, prêts à donner des coups là où ça fait mal. Nos natures combattives se déployaient en énergies incontrôlables et érosives.
Cette histoire prête à la remise en question et à l’introspection, j’admets qu’il faut que je mette de l’eau dans mon vin, et je réalise enfin qu’un homme ne peut pas me changer.
Aujourd’hui le sort me puni de ne pas avoir été fidèle à moi-même, de m’être forcée à vivre une histoire que je pensais « belle », ou plutôt que je voulais « Belle », la destinée se moque de moi car je me suis jouée d’elle.
Je muris, et c’est agréable de constater qu’une histoire qui se termine ne me fait plus autant mal. J’accepte de faire de mes erreurs des expériences, et surtout je suis prête à tendre l’autre joue au prochain.
Je clos le chapitre et j’y appose son point final ici, en ce lieu qui se voulait léger, insouciant, moqueur, presque tendancieux, dans cet espace que nous voulions construire, les filles et moi, il y a un an exactement pour y vider nos frustrations.




Présente moi ta maman je te dirai qui tu es…

19 02 2008

Sa mère ou Moi

Café LP – Dimanche 18 heures 30

Elles sont jeunes et jolies. Doivent avoir entre 23 et 28 ans. Toutes attablées à côté, la promiscuité fait que j’entends tout ce qu’elles disent. Mon iphone annonce un Hotspot WIFI qui ne marche pas, mon rendez-vous traine. Mes oreilles trainent aussi puis je m’imagine Freud se retourner dans sa tombe.

Il parait que la saison des mariages démarre en juin et approche à grand pas et il est désormais presque impossible de trouver couturier, traiteur, orchestre(s), décorateur, etc. Les mères jubilent et prennent les choses en mains, car il est de rigueur que ce soit elles qui organisent et invitent…

Il semblerait que la guerre commence en février, puisque le bras de fer démarre. A coup d’exemples et d’illustrations, elles citent des couples qu’elles connaissent. L’une d’entre elles raconte sa propre histoire.

La plus « sage » commente, elle dit que le clash est inévitable pour les familles aux *éducations* différentes, entre celles qui sont encore à vouloir à tous prix inviter 600 personnes, et le clan d’en face, plus moderne, qui ne veut pas démordre d’un petit 150 convives.

Celle qui pleure son expérience, retient son souffle, et déglutit.

« Tout est sujet à discorde lorsque l’on prépare un mariage, et la pomme c’est le couple qui l’avale mal. »

La couleur de la bâche est un motif de dispute qui prend des proportions inconsidérées, désormais, la mère du jeune homme menace, « Si ce n’est pas comme je veux, non seulement je ne viendrai pas mais mon fils non plus!« .

Je repense à toutes les discussions que j’ai eu à ce sujet avec mes amies, nous en étions arrivées à la conclusion, qu’au Maroc, le complexe d’oedipe aurait un nouveau sens, utilisé à la base pour désigner les mioches de 2 ans qui veulent épouser leur mère, cette théorie se retrouve aujourd’hui mise à mal par le mâle marocain.

Celle qui a un chignon négligé sur la tête, qui tient comme par magie autour d’un stylo bic, n’a pas parlé de toute la conversation. Je crois que ça l’agaçait. Elle reproche à la malheureuse de ne pas avoir appliqué la règle : « Présente moi ta maman je te dirai qui tu es« . D’un haussement d’épaules elle lui explique que son flair est désormais infaillible et qu’elle a pour habitude de scruter dans les élans mère-fils de ses petits-copains des gestes de dépendance malsaine, ou d’over influence.

Chignon, lâcha une vérité générale : « Celles qui croient avoir la paire de ciseau magique et pensent qu’elles finiront tôt ou tard à faire de leur homme un Homme, se mettent le doigt dans l’oeil ».

La pythie a parlé.

Nous avons tendance à sous-estimer le pouvoir destructeur de ce genre de rapports sur un couple, pourtant c’est un phénomène de société qu’il faut savoir prendre en considération avant d’envisager une relation sérieuse avec un homme. Le « triangle amoureux » finit par être invivable et la victime est toujours la même…

… Il ne lui restera que ses belles tenues d’un mariage avorté.





Mise au point

9 02 2008

Casallywood

Cela n’arrive pas toutes les semaines mais suffisamment pour qu’on le dise ici :

– Cela ne sert à rien de suivre la jeune fille du feu rouge en voiture, si elle n’a toujours pas réagi à tes klaxons, appel de phare, gestes de macaques et autres queues de poisson pathétiques.

– C’est encore plus inutile de la suivre après cela jusque chez elle, si elle se rue sur son garage, et que tu es obligé de passer ton chemin comme un con.

– Ce n’est vraiment pas la peine d’insister lorsque tu veux offrir à boire à l’inconnue de la table d’a côté, qui est avec ses amis et qui sort ses yeux en te disant « non merci je ne bois pas », alors qu’elle agite à bout de poignet un Metropolitain bien dosé.

– C’est vraiment ridicule de se planter tout penaud, devant la caisse chez Select pour accoster la demoiselle qui achète ses clopes en lui disant un « jpeu t’parler »? Non, non, elle ne te parlera pas, tu vois bien, qu’elle continue à parler à la vendeuse et qu’elle t’ignores ostensiblement.

– C’est totalement con de scruter la marque du téléphone de la même inconnue d’à côté, pour lui envoyer par bluetooth une chanson que tu as renommé avec ton prénom, ton msn, et ton numéro de téléphone.

– C’est véritablement suicidaire que de croire que l’on peut accoster la jeune fille qui descend de sa voiture devant chez Cartier en baissant la vitre et en lui demandant 5 minutes pour « disqueuter ». Si elle descend dans cette rue là, oublies tous ce que tu sais sur la drague, et va t’acheter des boutons de manchette.

– Ce n’est vraiment pas la peine de tourner dans tout Casa dans ta super voiture blanche (paraît que c’est à la mode chez les ploucs) en repassant 6 fois devant le même café de la même rue citée précedemment.

– C’est totalement débile d’attendre que la fille qui marche devant toi arrive à ta hauteur pour que tu lui glisses lâchement une phrase dans l’oreille, saches que jamais ça ne marchera.
– C’est vraiment nul d’envoyer un message facebook a une fille que tu ne connais pas en lui disant « Hey, on a 6 friends en commun, c clair kon va sentendre! »
– Ca peut presque marcher, si t’es en train de t’acheter tes dvd la nuit, et que tu croises une fille qui en achète aussi, et que tu te transformes en critique de cinéma, attention la technique ne peut marcher que si tu es presque aussi bon que la page cinema du New York Times. Variante : tu lui dis : « permettez moi de vérifier si vos dvd sont des vrais dvd ».




Ces phrases assassines

7 02 2008

 

An unmarried woman

« Nkounou M3ak ncha3allah!!, Lay jib ji rajel » la traduction serait « Que Dieu t’apporte un mari pour que nous assistions à tes noces » avec une toute petite pointe d’ironie quasi malsaine.

Pour les marocaines mariables, c’est-à-dire pour toutes celles qui n’ont toujours pas convolé et qui ont plus de 24 ou 25 ans, cette phrase est un leitmotiv qui leur est rabâchée au quotidien par leurs familles, les amis de la famille, leurs mamies, ou par tous ceux qui ne réalisent pas qu’aujourd’hui il est possible d’avoir 26 ans et de ne pas être focalisée sur le mariage.

J’ai repoussé toute la semaine durant, le moment où je devais passer féliciter ma cousine pour la naissance de son deuxième enfant pour éviter de croiser ma famille, la sienne, ou celle de son mari et devoir affronter ces terribles phrases pernicieuses en public.

Ca n’a pas raté, à peine rentrée, je ne l’avais même pas encore embrassée que j’entendais déjà une arrière tante me hurler aux tympans le quatrain fatidique.

Pétage de plombs. *Soundtrack Kill Bill*

J’ai profité de la présence de tout le clan pour leur dévoiler le fond de ma pensée en agressant la malheureuse qui avait justement divorcé le matin même :

« Je ne suis ni estropiée ni borgne, j’en ai marre que vous me traitiez comme une handicapée, ce n’est pas parce que j’ai 26 ans que je vais céder à votre pression sournoise et culpabiliser de ne pas épouser le premier con venu juste pour que vous soyez contents, d’ailleurs le prochain que j’entends me sortir encore une seule de vos formules toutes faites avec lesquelles vous martyrisez les demoiselles de la famille aura droit à un lynchage en règle et en publique« .

Silence et stupéfaction

Une des tantes a reprit « Mais nous ne voulons que ton bien, c’est parce que l’on t’aime que l’on te souhaite ces belles choses, nous aussi on a entendu ces phrases et… »

« Stooop!!!! Je suis sure que vous détestiez les entendre ces phrases, la coupais-je, d’ailleurs en reproduisant le schéma vous avez rendu dépressive Samia (cousine de 32 ans, célibataire et au bord du suicide), elle ne veut même plus assister aux réunions de famille à cause de vos bêtises de vieillardes ».

Casus belli

Traiter des petites bourges casablancaises de « vieillardes » alors qu’elles n’ont pas dépassé le cap des 55 ans c’est jeter un pavé dans la mare et toucher là où ça fait mal. Loi de Talion oblige.

Une petite voix se fit entendre du fin fond de la pièce : « j’entendais ça aussi à ton âge et je détestais, je comprends que tu réagisses comme cela ». Puis une autre vint surenchérir : « Moi aussi on m’a fait la même chose, et je piquais des colères à chaque fois, mais je ne pouvais pas réagir comme tu l’as fait aujourd’hui ».

Je cherchais du regard l’assentiment de ma cousine qui ne pouvait malheureusement pas me comprendre, elle fait partie de celles qui ont toujours cru que le mariage était une finalité en soi, et elle ne respirait que pour le jour de la cérémonie, d’ailleurs elle se maria avec un homme de 17 ans son aîné juste parce qu’il remplissait tous les standards de sélection qu’elle s’était fixée et aujourd’hui il ne la regarde même plus.

La Matriarche, notre grand-mère commune, arriva. Escortée de son bataillon d’aide-soignant, de porte sacs, et de demoiselles de compagnies en tous genres. Elle me toisa d’un regard lourd de sens, et allait me sortir son éternelle litanie me reprochant mon *célibat*. Etant entendu que célibataire veut dire ici « ne pas être mariée ni fiancée ».

Les autres la prirent à part, la faisant valser dans la pièce et lui firent part de mon acte de félonie.

« Et bien soit, nous ne te dirons plus rien, d’ailleurs nous ne te parlerons même plus, lâcha-t-elle, j’espère même que je serai morte et enterrée le jour de ton mariage pour que tu puisses bien regretter de ne pas t’être mariée plus tôt ».

La sentence était tombée.

A ce moment précis, la porte s’ouvrit sur une amie de la famille qui se jeta sur moi : « Ma petite chérie!!! Nkounou M3ak!!!!! »





Diamant sur canapé

19 01 2008

Retrouvailles virtuelles

Je l’ai retrouvé sur Facebook, un peu comme l’ex voisin de buvard au CP sur qui je louchais pendant les dictées, ou la copine de danse qui refusait de partager ses goûters et qui aujourd’hui travaille dans une boîte de comm’ à lâcher des « no way » à chaque fin de phrase. Facebook ça sert aussi à retrouver les exs, et à me rappeler de manière assez perverse qu’il y en a bien une demi douzaine dont je me serai passée. Mais cet ex-là, c’est plus qu’un ex, c’est le premier Ex. Vous savez celui-ci avec lequel vous avez usé les bancs du lycée, massacré les arbres de la cour avec vos initiales au compas, et qui vous a griffonné des « je t’aime » sur toutes les tables de la salle « K » en philo lorsque l’essentiel de vos échanges se faisaient par le biais d’une copie double perforée.

J. (1999-2000) et moi étions ZE couple de Terminale, ceux par qui le scandale arrivait, lorsque nous nous disputions et que c’était la guerre des tranchées ; nous prenions chacun un rang opposé dans la classe, et les trousses volaient au-dessus des têtes pour signifier à l’autre notre mécontentement. J. c’était ma belle époque à moi, lorsque je pensais tout savoir sur l’amour, et que j’avais des supers théories bien rodées sur les hommes, les femmes et les couples. (merde, j’ai pas changé !)

C’était mon double, mon alter ego, celui qui me faisait découvrir les écrivains contemporains et me faisaient regretter les anciens, c’était mon Homme, à la galanterie chevaleresque, qui se faisait porter pâle pour aller à l’infirmerie me ramener de l’aspirine, ou qui se prenait des avertissements pour retard, parce que comme toutes les jeunes filles de 17 ans j’étais hypoglycémique et j’avais des envies de M&M’s, de Smarties, de gommes au sucre…

J. c’était mon dernier homme juste avant mon premier portable, qui m’appelait des heures sur le fixe de la maison, et qui discutait avec sérieux du dernier sujet de philo, tout en m’assurant qu’après le bac, nous ne nous quitterons jamais.

Retrouvailles réelles

On a décidé de nous revoir. Il rentrait au Maroc quelques jours, et nous avions prévu de se caser un dîner, mais nos emplois du temps respectifs nous empêchaient de nous voir plus de trente minutes. Alors j’ai pris ma voiture, et je lui ai passé un coup de fil « Descends, je suis en bas »… 8 ans sans nous voir.

J’ai retrouvé un homme, plus grand, plus fort, à la carrure imposante, au regard apaisé et moins fou. J’ai retrouvé cette tendresse, cette même infinie tendresse qu’il dégageait à ma vue et qui me donnait des frissons, c’est comme si nous avions encore des « droits » l’un sur l’autre.

Nous marchâmes un peu dans Gautier, un peu perdus, nous voulions discuter mais nous n’avions pas le temps de prendre un café, je parlais peu, je l’observais, je trébuchais sur mes mots, il avait laissé un monstre de confiance, une amazone, une petite rebelle de la récré et il retrouve une femme… fatale ? Différemment.

Il passait sa main dans mes cheveux, et j’ai retrouvé cette façon de poser ses doigts sur ma joue, sur le côté, un peu en biais, comme pour lever le rideau qui recouvre mon âme, ou mon coeur… Il me résumait ses années, moi j’édulcorais pour lui éviter de ressentir la douleur des miennes.

Nous marchions dans ces rues exigües mais nous avions besoin d’être l’un face à l’autre, pour nous voir, chercher ce qu’il reste de ce que nous savions l’un de l’autre, retrouver une expression de visage, une tonalité de voix…

Diamant sur canapé

Nous nous retrouvâmes dans une petite place bordée de rues derrière le Kasbar, un vendeur de canapés mettait ses livraisons sur le trottoir, pour charger sa camionnette. Nous étions de ces amants qui voyaient des signes dans tout, de la symbolique dans chaque acte, et de la magie dans chaque mot. Nous savions que le hasard, c’était Dieu qui voyageait incognito.

Ce canapé pour deux, rose pâle, trônant dignement sur un trottoir du quartier Gautier nous attendait…

*Scène surréaliste.*

Nous prenions place le plus naturellement du monde, tandis que nous devisions sur nos vies respectives, sur ce que nous sommes devenus, sur les promesses que l’on a fait aux adolescents que nous étions, et comme le bilan était de rigueur, il retrouva une femme un peu blasée, au regard presque triste et nostalgique, je retrouvais un homme accompli, prêt à sauter à pied joint dans sa carrière. Il me parlait de son nouveau pays d’adoption, de son travail, de sa petite amie, de ses parents restés au Maroc.

Je voyais ces années défiler en kaléidoscope dans ses mots, nos vies ayant pris des chemins parallèles, mais nos racines dans le même pot, ce même terreau fertile de gosses éveillés, curieux, insouciants mais profondément adultes.

Nous étions bourrés de rêve, je crois qu’il a remarqué que je n’en ai presque plus. Nous étions bercés de belles illusions, je crois qu’il a vu que j’ai perdu cette patience, nous avions pour mot d’ordre une soif perpétuelle et pour promesse de l’assouvir… Je crois que là il a remarqué que j’ai toujours soif dans mon désert….

Je lui parlais du désert affectif que je traversais, des débiles que je croise et qui ne jalonnent pas ma vie, des erreurs que j’ai faites, de cet ex douloureux qui a détruit quelques échafaudages, il m’écoutait et je sentais son indicible envie de me retrouver de me protéger.

Le gars des canapés est venu, il nous a fait savoir que son canapé était à vendre, et puisque désormais il connaissait tout de nos deux vies autant l’emmener chez *nous*.

Nous avons beaucoup ri, le « chez nous » existe, dans nos souvenirs, dans la photo de classe, dans le gros paquet de copies doubles perforées signées J. que j’ai encore dans mon fameux tiroir.

Le « chez nous » existe dans le souvenir de ceux qui nous ont connu ensemble, nos camarades de classe, nos profs qui nous regardaient médusés jouer au couple adulte, le « chez nous » enfin c’est ce qu’il m’a légué ; ce que j’ai appris à ses côtés, ce que j’ai appris de moi à son contact.

A toi.





Flattées!

10 01 2008

Nous avons été nominées dans la catégorie « Meilleur blog collaboratif » du Maroc Blog Awards 2008 qui est l’évènement blog de l’année.

Nous ne nous y attendions pas du tout et nous remercions tous ceux qui ont proposé notre blog dans cette catégorie.

En ce moment se déroule la phase finale des votes pour désigner les meilleurs blogs dans près d’une vingtaine de catégories. Si vous n’avez pas encore voté, il suffit de cliquer ICI !

N’hésitez pas à découvrir les blogs proposés, certains sont de vrais petits bijoux de blogs.

                  LES CASALLYWOOD





Plouc-la-ville : Episode 2, Le retour…

7 01 2008

Cretin.fr

Prolégomènes : Pour comprendre l’épisode 2, il faut impérativement avoir lu le pilote! . Je décline toute responsabilité quant à la compréhension du dialogue qui va suivre.

Un soir de décembre sur Facebook :

Plouc-la-ville : COMMENT VAS TU?
GROS BISOSU

Moi : Coucou toi !!
comment va?

(entre moi et moi : Nariii il m’a retrouvé! Qu’est ce que je peux bien lui dire de plus, j’ai rien à lui dire!)

Plouc-la-ville: SUPER TRES BIEN !!!LE MOIS DE EDC TRES COMPLIKE TOUS MES CLIENTS VEULENT LEURS COMMANDE AVANT LES FETES C EST BOULOT MAISON NON STOP
ET TOI KOII DE NEUF?
C EST KOI TON MSN?

(« Super très bien »!!!?? j’aurai pu tenir le coup quelques semaines et faire de la lutte contre l’analphabétisme! Parions qu’il va me parler de Madrid!)

Moi : Pareil de mon cote, boulot et maison et le we je file a marrakech. Je n’utilise jamais MSN 🙂 Tu voyages pour les fêtes?

Plouc-la-ville : JE PARS A MDRID AVECX MOURAD ET SA FEMME DU 26DEC AU 2 JANVIER . QD J AI UN MOMENT LE WEEKE DN J ESSAYE LE PLSU SOUVENT D ALLERA AMDRID CA ME PERMET DE ME RESSOURCER
NOTRE WEEK END A MDRID TIENT TOUJOURS AU FAIT!!

Plouc-la-ville : J AIMERAIS BIEN TE REVOIRE VRAIMENT

(Et voilà! Ca n’a pas raté il me sort Madrid! Par contre la prochaine fois que je suis sur le point de sortir avec quelqu’un, je fais faire d’abord un entretien écrit!)

Privacy – Block People.

You blocked Plouc-la-ville.





Casallywood Gourmet

6 01 2008

C’est connu, à plus de 25 ans, on ratisse plus les boîtes casablancaises comme des forcenées, tout ceci est révolu. La coupure a été nette, tranchante, sèche. Du jour au lendemain et sans crier gare, nous sommes passées du statut glamour de joyeuses fêtardes, à celui de smooth-cooconners. La Trans’deep’house’electro nous a poussé dehors, certes, nous apprécions quelques gros tubes house commerciaux, mais nous n’arrivons pas à subir ses assauts toute une nuit durant. Alors, fortes de notre nostalgie pour les Destiny’s et autres RnB de l’époque où nous étions Reines en nos seigneuries, nous nous rabattons aujourd’hui sur ce que nous savons faire de mieux : Choisir, noter, discuter, et trancher, le sort de nos palais.

Il y a les incontournables, en tête de gondole, « Chez Vignault » et le « Bistronome« , le premier en général à midi, pour des ravioles aux cèpes, et le second le soir pour une bavette et une frangipane. Dans la même famille, une « Bavaroise« , dont la réputation n’est plus à faire, ou une Toscana célèbre au service impeccable.

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Orgasme et système d’exploitation

25 12 2007

 » L’orgasme féminin c’est comme un puissant O.S qui a besoin de RAM dédiée, pour y arriver il faut vider le cache, ne pas faire du multitasking, et ne penser à rien… »





Guérisseuses

24 12 2007

Pendant que Chardrakanta se dore la pilule en République Dominicaine, et que Eshadesyr file le parfait amour avec son Homme, Casallywood a des allures d’espace abandonné par ses amazones. Kali se prend toujours pour une déesse et s’en va-t-en guerre contre les « fils à môman » qui n’ont pas coupé le cordon ombilical avec leur génitrice, et moi, j’éprouve moins le besoin de toucher des réalités en écrivant.

Le mien est impérieux, brillant, inépuisable. Il m’a accroché dans les filets de sa séduction. Une séduction patiente, discrète mais acharnée sans que je n’eus jamais à réaliser que celui qui m’était le plus cher m’aimait tout court.
Certains hommes sont des trappes où l’on trébuche, il en fait partie, et je fus aussitôt magnetisée par sa présence silencieuse et assourdissante à la fois, son aura virile et son caractère determiné. Du temps où nous étions amis, je posais sur lui un regard assexué et chaste.
Aujourd’hui la réalité est toute autre, il n’est plus mon meilleur ami, il est bien plus : mon meilleur ennemi… mon Homme.
Par crainte de faire subir à notre amitié l’érosion irréversible des sentiments, nous n’avons jusque là jamais osé se laisser aller à plus. Nous avions tort.
IL en demeurait tout de même à mes yeux, le plus attentionné, le plus fort, le plus intelligent.

Le décevoir serait une tragédie, et être avec lui est la consécration de ma seule théorie valable sur les relations de couple : Pour durer il faut admirer.

J’admire donc! Captivée par son extraordinaire capacité à m’émasculer, m’enlevant tout excès inutile de testostérone mal placé. Il provoque insouciance et abandon : les clés de voûte de ma féminité.

Chardra est en République Dominicaine, partie les valises pleins de médicaments pour les enfants malades, Esha soigne sa soif de vie avec son guérisseur, et moi, je me réveille après deux ans de coma confiant mon coeur à une réanimation imminente.





Joyeux Anniversaire Esha!

29 11 2007

Happy Birthday Esha





Just another infatuation… Par Splendindira

21 11 2007

Dmitry Popov


C’était si simple avant, lorsque mes exigences s’arrêtaient à un joli regard, un nez aquilin un peu de style et quelques grammes de rhétorique. Je suis devenue exigeante et cela m’ennuie.

Je m’ennuie lorsqu’ils me parlent tous d’immobilier, de prix du mètre carré au triangle d’or, de la première cotation de la SNEP dont ils ont acheté 4 actions moins le quart, ou enfin lorsqu’ils tentent de m’impressionner parce qu’ils ont découvert que la Hublot est était terriblement tendance… Je me lasse lorsqu’ils me parlent de leur dernier week-end à « RAK », ou leurs séjours charter à Barcelone, de leur shopping à Milan ou de leur foire à Honk-Kong.

Ils cherchent désespérément à trouver la faille, ma brèche, l’ouverture qui pourrait me faire vibrer. Pourtant c’est si simple, il n’y a rien de compliqué, ils s’y prennent mal tout simplement… Ils ne comprennent pas pourquoi je filtre mes appels et que je ne les trouve pas à mon goût.

Ils ne sont pas curieux de savoir ce qui me « botte », me plaît, me retourne d’émoi, ou me fait pâlir d’émotion.

Certains, aguerris par les quelques rares filles complexes de la ville, vont jusqu’à essayer de me parler de mon métier, qu’ils connaissent mal, me sortant moults clichés stupides et jeux-de-mots réchauffés. Pour ne pas les froisser, je souris, comme si j’entendais ces niaiseries pour la première fois.

Je ne parle pas de ceux, qui voient en moi un nom, une carte de visite, un patrimoine, comme l’autre abruti qui m’a présenté son ami en le poussant à deux bras et en lui glissant maladroitement dans l’oreille : »si tu arrives à la coincer, c’est l’un des meilleurs partis de la ville ». Tssss il aurait pu demander sa com’ pendant qu’il y est.

Pathétique.

Je cherche les esprits fins, la vivacité, le regard intelligent pénétrant et retournant, je guette les gestes assurés par l’expérience, rassurants de prévisibilité, et enivrant d’imprévision. Sous ma superbe carapace, j’attends d’entendre quelques phrases simples et recherchées à la fois, des mots enveloppant d’affection naissante, de l’humour, quelques habitudes qui se perdent dans les dédales des relations fast-food où il n’y a plus de place à l’alchimie.

SPSI…

Stimulation physique + Stimulation intellectuelle





Do you 6PM?

18 11 2007

6PM6 PM

 Fleuron de la Nightlife casablancaise depuis près de 7 mois, le « Six » pour les intimes est un endroit cossu, empruntant les mêmes standards qu’un bar du Plaza Athéné et allant jusqu’à reprendre les mêmes cocktails aux doux noms évocateurs. A « l’élégance moderne« , au style high-tech surfant sur la vague « design chic » du moment, le bar redore le blason des « lieux d’hôtels » casablancais, trop longtemps taxés de nids à prostituées. Le service s’est beaucoup amelioré ces derniers mois, les serveuses sont souriantes et agréables et la musique est absolutely fabulous, quoique un peu forte. Comme son nom l’indique le « six » est un after work qui démarre tôt et ferme vers une heure du matin. Le soir idéal? Le jeudi, de préférence lors des soirées Moët plus hype que d’habitude. 

On aime pour la déco glamour, les fractales, les images ou les extraits de vieux Chaplin diffusés sur les rideaux opulents, et pour les « amuse bouche » en cas de petit creux.

On aime moins pour le « faux beau monde », qui s’y exhibe parfois.

Adresse du Six PM: Hotel HYATT REGENCY  Place Des Nations Unies, CASABLANCA Tél. : +212 22 66 66 66





Casanayda et Movida à l’IFC

7 11 2007

Crédits image : http://www.boulevard.ma/

Vous ne savez pas quoi faire demain soir? Je vous suggère d’aller voir le documentaire de Dominique Caubet et Farida Belyazid, « Casanayda« .

Ce documentaire veut témoigner du bouillonnement culturel et sociétal au Maroc en ce début de 3ème millénaire, qualifié de « movida » dans la presse nationale et internationale, qui a fini par prendre le nom de Nayda depuis le début 2007.
Casa Nayda, c’est Casa (et le Maroc) qui bougent…
En dehors de l’émergence de la nouvelle scène musicale marocaine, on s’aperçoit que le phénomène n’est pas seulement artistique, mais qu’il s’agit bien de tout un véritable mouvement culturel qui remue une partie de la société marocaine.A travers la musique, la presse, la revalorisation de leur langue, l’arabe marocain, l’emploi des nouvelles technologies et une créativité en pleine ébullition, nous vous proposons un documentaire rendant compte de l’effervescence de cette jeunesse en action, mais aussi des difficultés qu’elle peut rencontrer en chemin.

L’idée est de montrer ce Maroc qui bouge ! (Source : IFC)

Où? Institut Français de Casablanca 121, boulevard Zerktouni, Tél : 022 779 870, Fax : 022 779 871
info@institut-francais-casa.org  

Quand? Jeudi 8 novembre 2007 à 20 heures 30.





Feu de joie… Par Spleendindira

24 10 2007

tableau de Zao Wou-Ki, peintre chinois


Je pensais m’être débarrassée de toutes les photos. Je t’ai refilé le bébé il y a plus d’un an déjà, lorsque nous apurions le passif de notre relation. J’avais pris du temps à classer les centaines de clichés, souvenirs de jours heureux, et je te les ai rangé dans un album.

Cet album je l’ai glissé à ton insu dans un tiroir d’un placard que tu n’utilises pas. En t’imaginant un jour, peut-être plusieurs années plus tard, tombant dessus, ouvrant la boîte de Pandore. A l’idée de te faire ce coup ; un boomerang posthume à notre relation défunte, j’ai souri et je ne t’en ai rien dit.

Peut-être que ce serait ta femme, que tu auras connu et épousé entre-temps qui les trouvera et s’en débarrassera à son tour sans te dire un mot, contente de les avoir trouvé avant toi et heureuse de faire cohabiter dans un même sac poubelle son vieux tampax usagé, des restes de votre dîner et ma tronche d’ex que tu as aimé plus qu’elle.

Mon piège se referme sur moi, j’en ai oublié des dizaines d’autres chez moi, des photos de souvenirs encore plus heureux. Ces images, tapies dans une vieilles boîte à chaussures cachée sous une pile de DVD sont là et me défient de m’en débarrasser. Je ne peux plus te les refiler, on a coupé tout contact, rompu tout lien.

Ces photos je n’arrive pas à les jeter, elles font partie de moi, malgré tout.

Je les ai regardé très vite, à peine, et je luttais pour ne pas les ausculter une à une. Je luttais pour ne pas reprendre le fil de chacune d’entre-elles, étudier les prémices de brisures, les futures cassures, anticiper une chute.

Ces photos sont là dans un coin de ma chambre, je le sais depuis quelques jours déjà. C’est comme un corps étranger ; elles me dérangent. J’en souffre. Et ça me démange de les jeter, de les balancer ou de nous cisailler à coups de canif. Ces mêmes coups de canif que j’ai reçu de toi.

J’ai toujours pensé que dans un couple, lorsque l’on se sépare, celui qui garde les photos et celui qui souffrira le plus. Chaque image étant autant de stimuli sensoriels, autant de portes prêtant aux souvenirs, à la nostalgie. Cette nostalgie pourrait tuer à petit feu.

Avec le temps, les souvenirs s’écrèment et l’on ne se souvient que du meilleur. Je me force à ressortir le mauvais pour continuer à diaboliser le diable que tu es.

Je procrastine et reporte aux calendes grecques le jour où je rouvrirai cette boîte, puis je fulmine ; il n’y a aucune raison de se souvenir, il n’y a aucune raison de les maintenir en vie, ces photos témoignent d’une époque révolue et devraient se retrouver sur l’échafaud. Je les brûlerai donc… Le soir de tes noces.





2 heures de retard… Par Eshadesyr

27 09 2007

Un ange est passé par là … moi j’étais totalement envahie par cette liberté retrouvée, par cette révolte qui s’était emprise de moi, oui ! J’étais révoltée ! révoltée contre toutes ces années gâchées, révoltée par toutes ces guerres menées envers et contre tous, révoltée par le faite d’être devenue une autre, révoltée par le faite d’être devenue cette femme, une femme que je ne reconnaissais plus face à son miroir, une femme assoiffée de découverte, assoiffée de liberté, assoiffée d’expériences nouvelles, assoiffée de sensations toujours plus forte ! Et puis cet ange m’a reconnu au premier regard… il m’a fait découvrir des choses jusqu’à présent éteintes, enterrées 6 pieds sous terre, écrasées, déchiquetées, étouffées, aveuglées, assourdies ! C’était trop ! Trop beau ! Trop fort ! Trop intense ! Trop sincère ! je me suis voilée « la face » en me disant que c’était seulement un ange de passage, comme tout les autres … je l’ai rejeté, je l’ai ignoré et je suis revenue à maintes reprises pour m’enfuir à chaque fois un peu plus loin à la quête de quelque chose que j’avais déjà., sauf, que, j’étais la seule à ne rien voir … je ressentais les choses, je les vivaient, je les dévoraient pour mieux les jeter et les salir par la suite.

Aujourd’hui, je suis convaincue que lorsque un ange se présente, que ca soit à sa porte, au détour d’une rue ou à l’arrêt d’un bus il faut savoir saisir sa chance ne pas la laisser filer.

Ce ne sont pas les regrets qui parlent, encore moins les remords, ils n’ont pas lieu d’exister … c’est seulement une réalité qui s’empare de vous, de vos tripes, qui ne vous lâche plus et qui vous fait redécouvrir la personne que vous avez toujours été.

A présent, l’ange est toujours présent, il le sera toujours … peut être pas de la manière dont je le souhaiterai aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de lui en vouloir, j’ai pris le train avec 2 heures de retard, on ne s’étaient pas compris sur les horaires …il m’a attendu, a fait le pied de grue, a téléphoné a maintes reprises afin de savoir si ce train je le prenais finalement, mais, je n’ai pas répondu … j’ai laissé sonné et j’ai mis mon téléphone en mode vibreur, pour, finalement le mettre carrément en mode silencieux.

Aujourd’hui, je ne veux plus le mettre en silencieux, je veux le laisser sonner sur du « Nicole Willis » et me laisser envahir par cette douce sonnerie qui pourrait m’accompagner des heures, des jours, des mois et qui sait ? Des années durant dans ce train que je n’ai pas pris au moment approprié.

 

L’ange sera-t-il du voyage ?

 

 





Cuisine et autres contrariétés…

27 09 2007

Esha et moi décidâmes hier soir de nous faire à grailler aux alentours de deux heures du matin. A cette heure là, pas âme qui vive à la maison et donc aucune possibilité de manger quelque chose de chaud.

Pour des demoiselles qui ont toujours clamé leur autonomie, leur indépendance et tout le tutti que l’on entend habituellement chez les jeunes femmes de notre génération nous étions bien marrantes de nous retrouver dans une cuisine avec pour seul autonomie possible de cuire un œuf sans aucune aide extérieure.

«Quoi tu sais vraiment rien faire dans une cuisine???» me dit Esha qui voulait devancer la même question.

«Si si, bien sûr, je sais faire des trucs ultra compliqués avec des livres de cuisine, genre un soufflé au fromage, un cheese cake ou un risotto au riz arborio» crânais-je.

«T’es sérieuse??!! je savais pas que tu avais des talents cachés, mais alors ce soir tu nous fais quoi?» dit-elle avec ironie.

«Ecoute Esha, quand j’ai 3 heures à tuer, et ça arrive rarement, et que ça me prend de devenir parfaite, je me dis que le seul chantier qui reste c’est la cuisine, et comme c’est arrivé rarement, j’ai réussi quelques trucs mais c’est pas régulier, capiche?»

«Mhmm en gros t’es en train de me dire que là, toutes les deux on va crever de faim?» répondit-elle.

«On va réchauffer des crêpesavec du miel ou du sucre!» lui dis-je sur un ton triomphant. Mais je savais que cela allait demander une aptitude supplémentaire: le choix de la poêle.

Tandis que nous passions un bon quart d’heure à choisir la poêle qu’il fallait, Esha me fit un joli sermon :

«Nous sommes pitoyables, comment on fera une fois mariées?»

«Moi j’ai toujours eu des marmitons dans ma vie, mes mecs savaient tous super bien cuisiner» dis-je.

«Ah parce que tu les choisi sur casting? Tu demandes ça à l’entretien d’embauche? tu fais un test culinaire?» me dit-elle en riant.

«Non, non je t’assure, ils sont nés avec une poêle à frire dans la main, et parfois je suis même tombée sur l’option j’aime bien faire la vaisselle». Frimais-je.

«T’es sérieuse???? des marocains?».

«Ouais!» et toque! me voilà remontée dans l’estime d’Esha qui rêvait déjà d’un beau jeune homme bronzé sous un tablier blanc immaculé…

L’ange de Bernard Loiseau passa en coup de vent, il refusait obstinément d’ouvrir les yeux pour constater que nous réchauffions des crêpes dans une casserole.

«Splendi, je crois que l’on va prendre une résolution sérieuse, on doit commencer à prendre des cours de cuisine, sérieux ça me stresse, comment je vais gérer moi un jour?»

«Tu rigoles Esha, je sais même pas faire le marché, je connais pas le prix du kilo de tomate, je fais à peine la différence entre la viande et la volaille et tu veux que je m’y mette?? je suis une cause perdue.»

«Voilà, à trop être assistées on est nulles en cuisine, moi ma mère refuse que je rentre en cuisine par peur que je lui foute le bordel, et voilà le résultat» me dit-elle.

«Et moi, cela fait 5 ans que je me dis que je vais m’y mettre et là le résultat c’est que je sais même pas où se trouvent les assiettes dans ma propre cuisine».

«Tu veux pas réveiller ta sœur? me dit Esha, elle a peut-être 12 ans, mais elle s’en sortira mieux que nous!»

«T’es folle, déjà à deux et j’ai honte et tu veux que je ramène un témoin supplémentaire à ma déchéance??Euh c’est normal cette couleur? les crêpes ont changé de texture!» lui dis-je affolée.

«Ca sent une odeur familière, je crois que c’est bon tu peux éteindre le feu».

«De toutes façons j’ai plus faim, cette histoire de cuisine m’a contrarié!!»





Bloguons Utile: Les casallywood pour l’AACRPE et les jeunes détenus

24 09 2007

Nous avions été interpellées il y a quelques jours par l’appel du collectif « Bloguons Utile », lancé pour soutenir régulièrement des causes par le biais de nos blogs.

La première cause est celle d’une association peu connue, l’association des amis des centres de réforme et de la protection de l’enfance, fondée en 2001 par la célèbre Mama des prisons, Assia El Ouadie. Les bloggeurs du collectif ont, pendant deux jours, soutenu cette association et les jeunes détenus des centres de réforme du Maroc.

Ainsi, sensibilisées par cette action, nous souhaiterions poser un éclairage supplémentaire à cette cause dans notre Casallywood Charnel, et faire prendre conscience à nos lecteurs que ces enfants, âgés de 12 à 20 ans ont besoin de nous, parce que, derrière chaque détenu se cache un enfant.

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Moussaka, loukoums et mes amours d’été… Par Splendindira

30 08 2007


Je reviens de vacances sereine et gonflée à bloc. Pas l’ombre d’une trace de maillot à l’horizon, sauf le strict minimum requis. Avec les étés, j’ai appris à dompter le Lancaster et les bretelles du maillot pour être raccord sur tout le corps.

Est-ce l’air de la méditerranée qui m’a donné cette mine radieuse ? Ou bien les airs que me chantaient les méditerranéens ? Toujours est-il que j’ai adoré jouer les Aphrodites des îles Ioniennes domptant dieux, demi-dieux et héros de la mythologie grecque.

Il me souriait depuis mon arrivée, je pouvais lire sur ses dents « Miam de la chair fraîche ! » mais je n’en pensais pas moins de lui. Il eut l’intelligence de sympathiser d’abord avec le grand frère pour tâter du terrain ; le grand frère est archi-cool et sa petite sœur est libre de ses mouvements, et accessoirement de son corps.

Ufuk était turc, en vacances sur cette île grecque pour la seconde fois, comme tous les turcs qui entament une tentative d’approche avec moi, il me dit tout de go dans son anglais trop chou de turc : « je suis musulman, tout comme toi ! » OHHH c’est bien mignon de me le rappeler alors que je tenais à la main un cocktail nommé Orgasm et que mon trikini-rikiki me rentrait dans les fesses dès que je marchais.

Ufuk était drôle, il faisait tout pour attirer mon attention et adorait charmer les foules, son charisme était proportionnel à la taille de ses pecs luisants. Mon frère, jaloux, le soupçonnait d’ailleurs de s’enduire d’huile même le soir. Moi, temps que c’était lisse et brillant, je me foutais que ça soit grâce à Johnson & Johnson, quoique j’avoue préférer les torses légèrement poilus (ça c’est pour pas complexer la majorité d’entre vous !).

IL dansait comme un Dieu, et pouvait par la grâce de ses hanches et l’aérodynamisme de ses triceps imiter et surpasser Ricky Martin dans ses meilleurs moments, cela suffisait pour séduire la vacancière que j’étais qui profite de ce seul moment de l’année où je suis plus regardante au Q qu’au QI.

Cela faisait déjà 3 jours qu’il me tournait autour pour m’attirer derrière un rocher, un parasol, où n’importe quel lieu à l’abri des regards… Mon frère l’a d’ailleurs surnommé le « derviche derwiche ».

J’avais une seule réponse à la bouche « Thursday », pour Jeudi, il me disait ne pas comprendre pourquoi je lui imposais ce délai, pourquoi reporter au surlendemain ce que l’on pouvait faire le jour-même. Je n’étais tout simplement pas techniquement accueillante (spéciale dédi aux filles qui comprendront plus vite). A Jeudi donc.

Le jeudi soir, au Malibu Bar, Before incontournable de l’île, j’empruntais un stylo bic au barman chauve qui ne cessait de répéter à mes nombreux soupirants que je n’acceptais pas les verres offerts par des inconnus (technique d’approche réservée en général aux thons), et je griffonnais une carte au trésor au verso d’un mouchoir en tissu, avec la mention « @ 1 PM ». Je le lui ai discrètement glissé dans la paume de la main tout en jouant les inconnues et j’ai disparu dans la foule.

Une amie me prêtait sa hutte pour une culbute (pardon mais la rime en valait le coup), car mon frangin bien que cooool n’allait tout de même pas accepter que je reçoive dans notre chambre. J’ai quand même pris la peine de lui subtiliser deux tarbouches turcs goût framboise au cas où le turc me ferait le coup à la dernière minute de « j’ai pas de capuches ».

La copine me dit de prendre tout mon temps, mais comme je n’avais surtout pas envie de me réveiller dans ses bras je lui ai demandé de toquer à la porte à 2 heures PM pour nous virer.

Il m’attendait patiemment derrière un bosquet prêt à me bondir dessus, et me suivi dans la chambre comme un amant maso bavant devant sa maîtresse SM. A la lumière tamisée de la chambre à coucher, je vis en lui arrachant sa chemise, qu’il se rasait l’entre-pecs à coup de Gillette, et que cela avait légèrement repoussé, en pics bien drus… Tsss… Suffisant pour me faire redescendre…

Tandis qu’il me déshabillait avec ardeur le téléphone sonna, c’était la maman de ma cop’s espagnole qui cherchait Sara car elle avait laissé dans la chambre de sa fille la clé de la sienne, elle me demanda gentiment si elle pouvait venir la récupérer TOUT DE SUITE ! J’ai eu pour réflexe de ramasser toutes les affaires du derviche en deux secondes, de les mettre en boule dans ses mains et de le foutre nu comme un vers à la porte tandis qu’il claironnait, « please a kiss, just a kiss ». Hein??!!! En état de CRISE alors qu’il faut garder son sang froid, il me demande de l’embrasser ??!

Mon désir ne se contrôlant pas et Gillette m’ayant coupé l’envie de me frotter à lui, j’ai passé le restant du séjour à l’éviter. Mes amis n’en comprenaient plus rien :

« Hey Splendi, where’s your Turkish Delight ? » que l’on peut traduire littéralement en français par « Hey Splendi, où est ton Loukoum ?? ».

Puis j’ai connu Dimitris, beau comme Adonis, ses grands yeux verts sur son teint bronzé et ses cheveux noirs fins étaient une insulte à tout ce que peut compter l’humanité comme mâles.

  • «My name is Dimitris Kokkikunis»
  •  » Well, can i call you Kuni?

J’ai quitté les bras de Kuni il y a trois jours, il me manque à m’en donner des frissons, je revois nos photos avec nostalgie et tristesse.

Il était vraiment merveilleux mon amoureux de vacances, et j’aurais bien réécrit L’Illiade et L’Odyssée avec lui.

PS: Pour la petite histoire, Ufuk ne nous a jamais croisé Kuni et moi, et beaucoup de gens se sont pris au jeu lui indiquant Splendi un peu partout dans l’île tandis qu’il me cherchait. Il appela plusieurs fois dans la chambre de Sara qui lui trouva son ultime surnom  » Turkish Chewing gum« .