Cette fois-ci est-ce reparti ?

15 04 2016

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– J’adore ton cynisme, me dit-elle, tu devrais tenir un blog, tu me tues de rire !

– Un blog ?! Tu veux dire pour y raconter ce que je te raconte ? Répondis-je amusée

– Ben oui, un blog, un truc anonyme, où tu balancerai tout ça, je suis sûre que ça plairait ! 

– Tu sais que j’en ai déjà eu un ?

– Oui, tu m’as dit, le blog avec tes copines c’est ça ? Tu devrais me montrer un jour et y réécrire.

 

Oui mais un blog c’est un engagement. Même lorsqu’il n’y a qu’un seul lecteur par jour arrivé là par accident au gré d’une recherche de resto à Casa. C’est une responsabilité d’écrire et je ne pense pas être en mesure de recommencer. J’ai les doigts rouillés, quelques tonnes d’insouciance en moins et un crédit sur 20 ans en plus… Pire encore ! Je pense avoir perdu mon humour parce que mon cynisme est naturel !

P*t*in c’était quoi le mot de passe déjà ?

Mot de passe oublié – réinitialiser le mot de passe – Changement de mot passe (les filles si vous passez par là, j’ai changé le mot de passe, appelez moi si l’envie vous prend de poster quelque chose sur le blog, toutefois il est exclus d’y parler de Maria Montessori ou de l’efficacité des colliers d’ambre sur les poussées dentaires).

Le blog croule sous des dizaines de commentaires laissés ces dernières années sans qu’on ne les lise, mais une fois supprimés ceux des bots et autres spam, il en reste bien quelques uns nostalgiques de l’époque. Emue de lire ces quelques témoignages  d’anciens lecteurs qui réclament un come back.

Je me sens comme un girls band qui tente de se reformer pour la tournée spéciale « We are the 90’s » sauf que de la bande il ne doit rester plus que moi qui ai encore – parfois – envie d’écrire.





Casallywood Charnel revit!

26 02 2010

Keys of Casallywood

« Par cet échange de courrier, nous vous remettons les clés de Casallywood. Puissiez vous être dignes de ce lourd héritage qu’est de faire subsister ce petit ilot de rire et d’expression libérée de tous mords. Vous voilà désormais officiellement citoyennes de Casallywood Charnel ».

Par ces mots, nous voici désormais seules, toutes les trois, ou peut-être bientôt quatre. Nous étions ferventes lectrices du blog que nous avons découvert assez tard, bien après le baisser de rideau et l’ultime rappel. Nous leur avons écrit, d’abord sans succès, puis l’une d’entre elles, Kali, a répondu. Elles ont été touchées de nous voir conquises par ce petit blog. Cet espace qui a démarré comme une blague, disent-elles, un fou rire entre copines puis un « Allez Chiche!« . Aujourd’hui, certaines se sont mariées, une autre est quelque part au Mexique et la dernière n’avait plus l’envie d’y écrire seule…

Lassées? Non, ont elles répondu. Cet espace leur manque et elles y pensent souvent. Elles disent lire les commentaires qu’elles reçoivent encore avec émotion.

Puis de fil en aiguille, l’idée d’une transmission de blog a germé, puis a fait son chemin. Nous étions d’abord sceptiques. Comment continuer un blog appartenant à d’autres personnes? Comment en préserver la saveur? le goût? Nous ne pensions pas avoir les ingrédients… « Les ingrédients??! On le puise dans le quotidien, dans un vécu! » nous rassurèrent-elles.

Quelques semaines plus tard, elles nous estimèrent prêtes, nous en étions encore à nous demander si nous avions réellement envie de passer de l’autre côté de l’écran. Elles nous mirent au pied du mur par leur dernier email par lequel elles nous ont fourni les accès du blog – le sésame – avec en sus un mot de passe qui ferait frémir les plus grands cryptologues.

Nous allons commencer par affronter quelques pages blanches, quelques articles au brouillon, et de nombreux doutes, mais nous allons suivre leur ultime conseil : « Écrivez pour vous même, comme si cela restait entre vous. N’attendez rien en retour« .

Être citoyennes de Casallywood Charnel est un honneur qui ne se refuse pas, seul le temps nous dira si nous le méritions.

Allez, Chiche!

Les nouvelles Casallywood





Silence, On tourne!

15 06 2008

La mode est un éternel recommencement dit-on, et comme pour l’illustrer, chaque année à la même période je sacrifie mes week-ends d’été à festoyer mes copains, copines, qui convolent en juste noces, tandis que je leur consacre mes soirées d’hiver à panser leurs plaies, les âmes brisées, leurs désillusions, et à gérer les bris de divorces et autres séparations douloureuses…

Il y a quelques jours, je l’ai fêté Elle, jeune et jolie, drôle, attachante, dévouée et serviable, et Lui, son inconnu, qu’elle a rencontré quelques semaines auparavant, mignon, sombre, perdu et quelque peu désemparé.

Durant toute leur soirée de mariage, j’attendais qu’un réalisateur hurle « Coupez!! On la refait » tellement j’ai eu le sentiment de me retrouver dans une parodie de série B, avec deux protagonistes pas conscients de leur grossière erreur.

Nous étions tous stupéfaits, ils ne se connaissaient pas du tout, et n’étaient ensemble que depuis peu, ils ne savent pratiquement rien l’un de l’autre, et cerise sur le gâteau; ils n’avaient même pas l’air heureux à leur propre mariage. Les parents de chacun, apeurés, distribuaient des sourires jaunes tandis que les familles se toisaient du regard. Quant à nous, nous observions notre amie, qui bien que nous ayant habituée à son grain de folie, ses histoires d’amour fluviales aux confluents marécageux, elle n’aurait jamais été capable d’accepter une demande en mariage par téléphone, mais elle la fait.

Que s’est-il passé pour que tout ceci s’organise en si peu de temps, elle qui il y a encore quelques semaines était depuis quelques mois avec un autre. D’ailleurs lorsqu’elle me l’a annoncé, j’étais sure que c’était une mauvaise blague, une occasion de plus de faire la fête mais en riant du sort, avec un thème à la fois aussi sérieux et léger que le mariage.

Comme dans la plupart des mariages marocains, célébration teintée d’hypocrisie, le bar est situé assez loin du centre des festivités. Il faut relever son caftan avec élégance, le nouer entre trois doigts au niveau des genoux, laisser apparaitre des jambes nus et graciles sous des kilos de tissus, et avancer droit avec aisance et dignité. Une fois là-bas, j’y croise le jeune homme dont les copains gavent d’alcool à l’entonnoir, il n’a pas l’air heureux et n’a pas souri une seule fois depuis le début de la cérémonie, alors son ami me confie qu’il faut lui donner un air jovial donc ils l’ont forcé à devenir ami avec J. Daniels.

Mais comment peut-on prendre la décision de se marier par téléphone avec une fille que l’on a vu qu’une seule fois? Pourtant les jeunes mariés sont loin de subir une pression quelconque, et la mariée a toujours joué les « runaway bride » dès lors qu’un petit ami lui proposait le mariage.

Ce mariage, une photographie fidèle du malaise vécu aujourd’hui par nombre d’entre nous, sonnait faux, et nous mettait mal à l’aise, peut-être face à la désastreuse capacité de nos pairs de prendre ce genre de décisions à la légère, ou face à l’indécision d’autres qui repoussent sine die ce jour fatidique.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à moi, à ma situation de jeune femme à 50 % single, qui a développé une peur panique de toute forme d’engagement et qui fuit les responsabilités de couple comme d’autres ralentissent à la vue des radars. Comment en suis-je arrivée là? Moi qui il y a encore quelque temps rêvait de prince charmant, de couple charmant, de caftan charmant, et de tout le toutim? Je suis aujourd’hui désabusée, blasée, et demeure convaincue qu’il va me falloir pas moins de deux mariages pour trouver enfin l’équilibre. Le mariage « social », comme je me plais à dire, celui que l’on fait aux alentours de trente ans, pour faire plaisir à tout le monde, et flatter son égo, et le mariage de la « maturité » qui viendra certainement quelques années après. Mon raisonnement est pitoyable, et lorsque j’y pense je m’en excuserait presque auprès de la jeune ado que j’ai été.

Je ne supporte pas l’échec lorsque j’ai eu de belles et nobles aspirations, j’ai horreur du doute lorsque j’ai été déjà sure de mes choix, et je préfère ne pas me marier plutôt que de me décevoir.

Qui est donc dans le vrai? Celui qui se marie comme lorsque l’on coche une case d’un document administratif ou celui qui ne se marie pas parce qu’il attend d’effleurer des certitudes?

Elle fit son apparition dans une très belle robe blanche de fin de cérémonie, lui cintrant la taille et s’élargissant en cerceaux au niveau des jambes, elle tenait un petit bouquet de fleurs blanches garni avec gout et s’apprêtait à couper son gâteau avec ce nouveau mari dont elle ne connaissait presque rien. Quelqu’un dans l’assemblée a crié « un bisou », et le mari s’est renfrogné « non, non j’aime pas ça! ». Comment aurai-je réagi en pareil circonstance ? Je crois que je l’aurai entarté dans la pièce montée…

Ce mariage ne durera pas. Je le lis dans le regard de ce couple qui s’est emballé comme un brasier quelques semaines auparavant, et qui est tombé dans le piège du coup de foudre fulgurant.

Comme un lendemain d’ecsta.

Lorsque la descente est dure à digérer. Une descente à quelques centaines de milliers de dirhams, une descente sur un air de Pinhas, chanteur sur le retour des années 90.

Le marié ne sourit pas, la mariée fait semblant, mais on peut lire la peur dans leurs yeux. La même expression de visage que celle d’un enfant qui vient de faire éclater un pétard et qui s’est fait prendre.

Comme un lendemain de mariage à Vegas pour amateurs de roulette russe.

Mon arme est chargée à blanc, et je crois que je vais continuer à tirer dans le vide…






Un post pour un poète

13 06 2008

Un lecteur nous a laissé un commentaire au post « L’amour au temps de Abbas », nous avons apprécié ses rimes savamment troussées tandis qu’il nous narre comment il a troussé sa belle… Son poème méritait un post!

Parler d’une membrane, en guise de prologue,
Bêtement recousue par le gynécologue,
Est bien sot, mais hélas, nos us sont ainsi faits,
Que ne plus être vierge est un vilain forfait.
Pour la jeune fille, préserver son hymen,
Est un calvaire auquel elle doit dire amen.
Il vaut mieux conserver le précieux capital,
Que de le réparer, au bloc, à l’hôpital.
Quantité de moyens existent, par bonheur,
D’atteindre le plaisir sans perforer la fleur.

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L’amour au temps de Abbas El Fassi

9 05 2008

Dans notre « plus beau pays du monde », comme dirait l’autre, nous avons aussi notre lot de contradictions, pays de la schizophrénie déclarée et assumée, haut lieu de l’hypocrisie sociale auto-proclamée et antre des paradoxes des plus flagrants, la presse nous a récemment annoncé l’arrivée de « La pilule du lendemain ».

Quelle avancée majeure pour la femme marocaine moderne, qui après s’être fait avortée illégalement dans des conditions les plus ignobles, peut désormais compter sur la pilule magique presque tout droit sortie d’Harry Potter.

Si l’on doit se référer à nos lois, nous sommes sensées être « vierges » jusqu’au mariage, puisque les relations sexuelles hors mariage sont prohibées, mais des vierges, à Casallywood, nous n’en connaissons pas. Par contre, ce que nous savons avec certitude, c’est que les avortements pour grossesse hors mariage sont légions.

Bien que formellement interdits aussi par la Loi, l’avortement se pratique en toute illégalité, et ce souvent, dans des conditions abominables et la plupart du temps dans des lieux qui relèveraient parfois plus d’un garage de voitures à une clinique, il est vrai néanmoins que cela se pratique aussi dans des cliniques privées dernier cri.

Dans ce même élan hypocrite et pour justifier la mise sur le marché d’un produit pareil, le laboratoire justifie ce médicament comme étant une solution aux grossesses non désirées et en particulier aux viols!

Alors, cette pilule du lendemain est-elle un ultime pied-de-nez à la morale et à la loi? Ou un outil de plus pour la femme mariée lui permettant de planifier ses grossesses et ce, avec la pléthore de préservatifs goût framboise ou vanille, nervurées ou ultra-fins qui se vendent en pharmacie, avec en prime, le super lubrifiant goût chewing-gum?

Toujours est-il que ce n’est pas demain la veille, que la femme célibataire sera libre d’avorter quand bon lui semblera, et qu’entre-temps nous sommes contentes de compter sur un « parachute » de plus (sans mauvais jeu de mot) qui pourrait nous éviter bien des frayeurs.





Génération Bridget Jones

6 05 2008

Une fois n’est pas coutume, à Casallywood on écoute désormais… DU RAP!

Que celle qui ne se reconnait pas dans les paroles nous jette la première pierre…

Cliquez ici :

Enz – Génération Bridget





Life goes on… Par Splendindira

26 02 2008
L’histoire se termine à grand fracas, aussi passionnément qu’elle n’avait commencé. Dans un assourdissant roulis d’écume de vagues exacerbées par un mauvais temps qui menaçait depuis quelques semaines déjà.
Bien que je voulais y croire en me forçant à accepter des travers, des défauts et une mentalité qui n’est pas la mienne. J’y croyais parce que je pensais que son amour excusait ses actes, ses mots, sa misogynie, j’y croyais parce que je suis de celles qui n’acceptent pas l’échec, j’y croyais parce qu’il revenait sans cesse plus rassurant et que je me promettais d’être heureuse un jour.

Je n’y crois plus et ne veux plus y croire. Comme le dit un sage auprès de moi « lorsque trop de doutes s’accumulent, dans les premiers mois d’un couple, autant amputer court, et cours! ».
J’ai couru et l’ai quitté sans préavis. J’ai fui la médiocrité d’une histoire qui portait en elle les germes de sa propre destruction, sans lui laisser aucune chance de survie dans ma propre vie.
J’ai réalisé que je ne pouvais pas me forcer à aimer quelqu’un, que je ne pouvais pas déjouer les pièges de l’alchimie et éprouver un jour du désir pour quelqu’un que je n’avais auparavant jamais désiré. Célibataire? Et bien soit, qu’il en soit ainsi, même s’il est parfois plus dure d’être seule que « mal accompagnée ».
J’abdique malgré suppliques et supplications que je n’exauce plus, je baisse les bras et accepte d’essuyer un échec supplémentaire, je ne peux me prévaloir de ma sensibilité de femme de mon désir de couple, je suis seule responsable d’avoir accepté de lui ouvrir mes portes.
Je regardais demain, et ce demain me faisait peur, les femmes ayant ce formidable don de projection. Ma raison m’a souvent dicté de ne pas suivre mes instincts, j’ai mis mon flair au placard, et j’ai porté ce couple basé sur l’amitié, l’exhaussant en amour.
Je ne suis pas du genre à laisser passer trop de choses sans réagir, je n’aurai pas pu changer ma nature longtemps et me transformer en femme soumise que je n’ai jamais été. Du caractère, de la dignité, un trop plein de fierté, certes, mais pas en amour. J’aurai attendu qu’il n’essaye pas de se mesurer à moi, nous étions trop forts pour tenir le coup dans une relation basée sur le rapport de force. Et je persiste à croire que les hommes les plus « forts », sont ceux qui ne ramènent pas leur couple sur un ring de boxe et qui mettent la fierté de côté.
Le même sage susmentionné me surnomme Xéna, et je lui réponds souvent que c’est le surnom qui me va le mieux, Xéna parce que j’ai grandi dans un schéma familial où les femmes ont leur mot à dire, où les femmes sont les égales des hommes, et où elles ne peuvent se laisser passer dessus au bulldozer sans se défendre jusqu’au dernier souffle. Il est vrai que j’étais prête à troquer mon caractère de guerrière contre cette histoire d’amour mais le pacte était tacite : Nul ne devait essayer de soumettre l’autre, de le mettre à genou, où de lui broyer sa personnalité. Nous en étions tous deux capables, forts de nos assurances respectives, de la haute estime que nous avons de nous même, et de la parfaite rhétorique de beaux parleurs qui nous caractérise.
J’accepte mes défauts, je suis têtue, et jusqueboutiste, je suis exigeante et la confiance que je donne ne dois jamais être trahie… Pas même une seule fois. C’était la fois de trop. D’autres que moi auraient certainement pardonné ce qui n’est qu’au fond qu’une banale dispute de couple, mais la forme n’y était pas.
A chaque algarade nous sortions capes, boucliers et épées, prêts à entailler la dignité de l’autre, prêts à donner des coups là où ça fait mal. Nos natures combattives se déployaient en énergies incontrôlables et érosives.
Cette histoire prête à la remise en question et à l’introspection, j’admets qu’il faut que je mette de l’eau dans mon vin, et je réalise enfin qu’un homme ne peut pas me changer.
Aujourd’hui le sort me puni de ne pas avoir été fidèle à moi-même, de m’être forcée à vivre une histoire que je pensais « belle », ou plutôt que je voulais « Belle », la destinée se moque de moi car je me suis jouée d’elle.
Je muris, et c’est agréable de constater qu’une histoire qui se termine ne me fait plus autant mal. J’accepte de faire de mes erreurs des expériences, et surtout je suis prête à tendre l’autre joue au prochain.
Je clos le chapitre et j’y appose son point final ici, en ce lieu qui se voulait léger, insouciant, moqueur, presque tendancieux, dans cet espace que nous voulions construire, les filles et moi, il y a un an exactement pour y vider nos frustrations.