Education sexuelle et premiers émois… Par Splendindira

12 08 2007

SAS Gérard de Villiers

Je pris part ce soir à une énième discussion sur “les marocains et le sexe“, ciblée particulièrement sur une génération des 22-32 ans qui seraient d’après certains le maillon qui pourrait faire la différence vers plus d’ouverture, puisque la cassure est bien nette. Nous n’avons pas le même rapport au sexe que les générations précédentes.

Nous nous sommes tous accordés à dire que nous n’avions jamais eu à proprement parler d’éducation sexuelle, et que nous avons tous plus ou moins découverts sur le tas, sans que cela ne fasse l’objet de dialogue ni avec la famille (chose impossible), ni avec les proches dont on redoutaient les jugements.

De fil en aveux, j’ai découvert que nous n’étions pas si différentes à ce dîner, pour nous toutes et pendant toutes les années jusqu’à environ notre majorité, nous n’en parlions jamais, et nous avons toutes été éduquées dans le déni. Le sexe étant dans la culture général une chose sale et impure, répugnante, et le simple fait d’en parler ou de poser sainement des questions constituerait déjà un premier pas vers un comportement déviant.

La majorité fracassante des demoiselles présentes étaient passées par un lycée français ou étranger du Maroc et se retrouvaient donc à l’époque entre le marteau social et l’enclume bienveillante de l’éducation national d’un pays étranger basée au Maroc, dont le souci majeur était de faire de ces “indigènes” de futurs occidentaux. Nous avons evoqué avec délectation et malice les cours de “Sciences Nat” où nous faisions semblant de rougir devant nos autres camarades lorsque nous entendions les mots verge, vagin et autre éjaculation, mais nous étions toutes ouïes lorsque le prof expliquait en détail le processus de l’érection.

J’écoutais ces demoiselles deviser les yeux mi-clos, je me suis envolée, j’empruntais déjà les sentiers de la perdition mémoire pour revenir à cette fameuse période où je découvrais “La Chose”. Je n’en savais rien, à part qu’il fallait fermer les yeux lorsque deux personnes de sexe opposé se frôlaient de trop près à la télé, puis j’entendais les chuchotements des cousines plus vieilles qui en savaient déjà trop, et les films érotiques sur lesquels je tombais par accident et que je zappais en insultant l’oeuvre du diable, mais en ayant les yeux suffisamment grand ouvert pour en capter le maximum. J’étais consciente que dans “nos pays” cela était beaucoup plus grave qu’en dessus de la Mediterrannée.

En pré-ado solitaire et comme beaucoup d’esseulés de cet âge, je lisais énormément dévorant les vieilles bibliothèques mités des parents, du “J’élève un enfant” édition 1980 au Larousse des Cocktails de 1986 et c’est là que je trouvais par hasard les cartons du grand frère et sa quarantaine de SAS.

Dans ma vie de femme il y eut un avant et après SAS.

SAS pour “Son Altesse Sérenissime”, initiales dont je n’ai trouvé les explications qu’aujourd’hui en cherchant l’illustration de mon post, SAS pour Malko Linge, l’amant de mes 13 ans, le héro d’une série de romans érotiques d’espionnage écrite par Gérard de Villiers et qui me donna de solides notions de géographie et de sexualité. Malko et ses femmes étaient mon unique référence en la matière et les enseignements tirés de leurs scènes érotiques sont encore aujourd’hui imprimées dans mon inconscient et auraient certainement dictés plus d’un de mes comportements sexuels. SAS suscitait l’extase, l’interdit, la honte, la culpabilité, le désir, et aida à découvrir le plaisir… solitaire.

Je rouvris les yeux, elles étaient encore là, j’avais l’oeil luisant et vif et le sourire en coin de celles qui revenaient d’autres cieux plus coquins. Je réalisais honteuse qu’à l’évocation de SAS j’en étais “pavlovement” émoustillée. Elles avaient changé de sujet pour parler de chiffons et de chaussures comme pour s’en débarasser ou comme si à nos âges existait encore une gêne.

Nous autres marocaines*, nous n’avons peut-être pas eu d’éducation sexuelle mais en autodidactes nous avons su palier à ce vide par nous même, même si aujourd’hui quelques bugs subsistent encore dans l’inconscient féminin collectif.

*Marocaines : citadines, urbaines, modernes, actives, eduquées et pas voilées (quoique…)

(Précisions pour les futurs réactions du style : “prends pas ton cas pour une généralité”)


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17 réponses

12 08 2007
dima

Cela mérite une suite, type qu’est ce que l’orgasme ? pourquoi cette complexité feminine à savoir elle est cérebrale ou clitorienne ou complétement vaginale ? Le Kama Sutra vaut-il la peine d’etre consulté et pourquoi ?

Beau billet. Merci.

12 08 2007
le3zaoui

Si suite il doit y avoir c’est bien “et après SAS?”. Quand a nous autres mec (je parle uniquement de moi le pluriel étant une marque de respect envers moi même*) notre éducation fut faites sur d’autre supports de communication…. ce qui explique le gap!

(* pour ceux qui pourraient aussi me dire parle pour toi)

12 08 2007
7didane

Si j’ai reçu une éducation sexuelle !
On m’a enseigné de m’abstenir jusqu’au mariage. Je respecte scrupuleusement mes principes. J’ai 29ans. Et j’attends le mariage.

Je n’ai aucun problème. Au contraire, je me concentre sur mon boulot et le bien de mon pays.

13 08 2007
Suivi

Beau Billet splindi.

Par ailleurs je tient à préciser que les bugs subsistent aussi chez les Maricains, sauf que les leurs mérritent amplement des : clt Alt Del

2 09 2007
Andy

C’est particulier, parce que je suis québécoise et très loin de quelque mode de vie religieux que ce soit (en fait, pas si loin que ça mais on a tendance à nier ça les québécois), et pourtant…
Je me reconnais dans ton histoire. L’éducation sexuelle est disons plutôt pauvre et comme plusieurs de mes amiEs, j’ai appris moi aussi sur le tas, même dans un coin de pays où on vante la liberté sexuelle des femmes. (Ce qui je crois reste à prouver, c’est pas parce que les femmes ont plus d’aventures qu’elles sont nécessairement épanouies.) C’est donc dans un contexte probablement bcp moins difficile, mais je vois quand même des similitudes qui au final, ne devraient pas m’étonner…

2 09 2007
Blogeuse Addict

Contrairement a Hdidane ma famille n’est vraiment pas du genre a repsecter “la pseudo-abstention jusko mariage”… bon c ke elle doit etre vraiment moderne ma famille :) . Par contre ce ke bcp de personne ne m’on pas l’air de comprendre dans ce pays c que une femme peu etre sexy sans etre pute … encore une fois un manque “d’education sexuelle” !

2 09 2007
So adam

allez viva ASM !!!!!!!!!! yas jté reconnu….

3 09 2007
Blogeuse Addict

Yas ? je voi vrmnt pas de koi tu parle :p

3 09 2007
So adam

hahaha wi moi aussi je ne sait plus….!

5 09 2007
Blogeuse Addict

memoire peu fonctionel a ce ke je voi ! :p

5 09 2007
moroccotendency

c de famille….

5 09 2007
moroccotendency

Et si je te dis que c’est de famille…. hahaha

adam

6 09 2007
Casallywood Charnel

@ Moroccotendency & @ Blogeuse Addict :
les z’amoureux si vous le souhaitez envoyez nous vos adresses emails et on vous les transmet. Parce que l’on veut bien jouer les cupidons mais pas en commentaires de nos posts :D

6 09 2007
Blogeuse Addict

adam: oui c sans doute de famille ;) lol

chere proprio du blog : je suis vraiment dsl pr ce desagrement ! c promi on recomence plu!!! ;) lol et merci pr la proposition de cupidon :p

signé :une blogeuse addict toute sage :)

29 09 2007
nemesis

Puisqu’on parle de roman érotique, je te conseil un très bon livre « trois nuits d’un personnage » de Belinda Cannone, j’aimerais aussi témoigné mon respect pour 7didane 29ans d’attente, il faut avoir une volonté de fer ou une main sacrement câline lol

12 10 2007
jerome

Bonjour
bravo pour ce site
Je suis français, non musluman, et j adore les marocaines, le comble pour moi de l exotisme sexy.
Pourriez vous me conseiller pour en contacter vivant à Paris, ou me mettre en relation?
Merci d avance

13 11 2007
nana4ever

nana

sincérement pour moi la question d’éducation pause vraiment un grand probléme,puisque notre self éducation sexuelle peut vraiment nous induire en erreure et mm des erreures monumentales (j’insinue pas par là perdre sa virginité) mais je parle d’une interprétation fausse.
notre éducation sexuelle consiste rester viérge jusqu’au jour “j”.je respecte ce point de vue mais je veux réellement la sinification de la virginité?pourqoui les filles n’assument-elles pas pleinement leur sexualité?
certaines vont dire non moi je m’assume mais vis à vis de toute la société marocaine elle sera trés trés trés malvue !
Aussi pour celles qui le vivent pleinement est ce que vous savez ce qu’ils pensent de vous les hommes avec ki vous aviez eut à partager le plus cher de vous que vous n’etes que des trainées mais alors que devons nous faire?le vivre pleinement ou s’abstenir?

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