
Je reviens de vacances sereine et gonflée à bloc. Pas l’ombre d’une trace de maillot à l’horizon, sauf le strict minimum requis. Avec les étés, j’ai appris à dompter le Lancaster et les bretelles du maillot pour être raccord sur tout le corps.
Est-ce l’air de la méditerranée qui m’a donné cette mine radieuse ? Ou bien les airs que me chantaient les méditerranéens ? Toujours est-il que j’ai adoré jouer les Aphrodites des îles Ioniennes domptant dieux, demi-dieux et héros de la mythologie grecque.
Il me souriait depuis mon arrivée, je pouvais lire sur ses dents « Miam de la chair fraîche ! » mais je n’en pensais pas moins de lui. Il eut l’intelligence de sympathiser d’abord avec le grand frère pour tâter du terrain ; le grand frère est archi-cool et sa petite sœur est libre de ses mouvements, et accessoirement de son corps.
Ufuk était turc, en vacances sur cette île grecque pour la seconde fois, comme tous les turcs qui entament une tentative d’approche avec moi, il me dit tout de go dans son anglais trop chou de turc : « je suis musulman, tout comme toi ! » OHHH c’est bien mignon de me le rappeler alors que je tenais à la main un cocktail nommé Orgasm et que mon trikini-rikiki me rentrait dans les fesses dès que je marchais.
Ufuk était drôle, il faisait tout pour attirer mon attention et adorait charmer les foules, son charisme était proportionnel à la taille de ses pecs luisants. Mon frère, jaloux, le soupçonnait d’ailleurs de s’enduire d’huile même le soir. Moi, temps que c’était lisse et brillant, je me foutais que ça soit grâce à Johnson & Johnson, quoique j’avoue préférer les torses légèrement poilus (ça c’est pour pas complexer la majorité d’entre vous !).
IL dansait comme un Dieu, et pouvait par la grâce de ses hanches et l’aérodynamisme de ses triceps imiter et surpasser Ricky Martin dans ses meilleurs moments, cela suffisait pour séduire la vacancière que j’étais qui profite de ce seul moment de l’année où je suis plus regardante au Q qu’au QI.
Cela faisait déjà 3 jours qu’il me tournait autour pour m’attirer derrière un rocher, un parasol, où n’importe quel lieu à l’abri des regards… Mon frère l’a d’ailleurs surnommé le « derviche derwiche ».
J’avais une seule réponse à la bouche « Thursday », pour Jeudi, il me disait ne pas comprendre pourquoi je lui imposais ce délai, pourquoi reporter au surlendemain ce que l’on pouvait faire le jour-même. Je n’étais tout simplement pas techniquement accueillante (spéciale dédi aux filles qui comprendront plus vite). A Jeudi donc.
Le jeudi soir, au Malibu Bar, Before incontournable de l’île, j’empruntais un stylo bic au barman chauve qui ne cessait de répéter à mes nombreux soupirants que je n’acceptais pas les verres offerts par des inconnus (technique d’approche réservée en général aux thons), et je griffonnais une carte au trésor au verso d’un mouchoir en tissu, avec la mention « @ 1 PM ». Je le lui ai discrètement glissé dans la paume de la main tout en jouant les inconnues et j’ai disparu dans la foule.
Une amie me prêtait sa hutte pour une culbute (pardon mais la rime en valait le coup), car mon frangin bien que cooool n’allait tout de même pas accepter que je reçoive dans notre chambre. J’ai quand même pris la peine de lui subtiliser deux tarbouches turcs goût framboise au cas où le turc me ferait le coup à la dernière minute de « j’ai pas de capuches ».
La copine me dit de prendre tout mon temps, mais comme je n’avais surtout pas envie de me réveiller dans ses bras je lui ai demandé de toquer à la porte à 2 heures PM pour nous virer.
Il m’attendait patiemment derrière un bosquet prêt à me bondir dessus, et me suivi dans la chambre comme un amant maso bavant devant sa maîtresse SM. A la lumière tamisée de la chambre à coucher, je vis en lui arrachant sa chemise, qu’il se rasait l’entre-pecs à coup de Gillette, et que cela avait légèrement repoussé, en pics bien drus… Tsss… Suffisant pour me faire redescendre…
Tandis qu’il me déshabillait avec ardeur le téléphone sonna, c’était la maman de ma cop’s espagnole qui cherchait Sara car elle avait laissé dans la chambre de sa fille la clé de la sienne, elle me demanda gentiment si elle pouvait venir la récupérer TOUT DE SUITE ! J’ai eu pour réflexe de ramasser toutes les affaires du derviche en deux secondes, de les mettre en boule dans ses mains et de le foutre nu comme un vers à la porte tandis qu’il claironnait, « please a kiss, just a kiss ». Hein??!!! En état de CRISE alors qu’il faut garder son sang froid, il me demande de l’embrasser ??!
Mon désir ne se contrôlant pas et Gillette m’ayant coupé l’envie de me frotter à lui, j’ai passé le restant du séjour à l’éviter. Mes amis n’en comprenaient plus rien :
« Hey Splendi, where’s your Turkish Delight ? » que l’on peut traduire littéralement en français par « Hey Splendi, où est ton Loukoum ?? ».
Puis j’ai connu Dimitris, beau comme Adonis, ses grands yeux verts sur son teint bronzé et ses cheveux noirs fins étaient une insulte à tout ce que peut compter l’humanité comme mâles.
- - «My name is Dimitris Kokkikunis»
- - ” Well, can i call you Kuni?
J’ai quitté les bras de Kuni il y a trois jours, il me manque à m’en donner des frissons, je revois nos photos avec nostalgie et tristesse.
Il était vraiment merveilleux mon amoureux de vacances, et j’aurais bien réécrit L’Illiade et L’Odyssée avec lui.
PS: Pour la petite histoire, Ufuk ne nous a jamais croisé Kuni et moi, et beaucoup de gens se sont pris au jeu lui indiquant Splendi un peu partout dans l’île tandis qu’il me cherchait. Il appela plusieurs fois dans la chambre de Sara qui lui trouva son ultime surnom ” Turkish Chewing gum“.







